La Fédération Nationale de la Presse Marocaine ouvre des fronts pour l’autogestion, l’indépendance décisionnelle syndicale et les droits des journalistes.
La Syndicat national de la presse marocaine a averti des conséquences des formes de soutien public prévues pour les entreprises de presse sur la stabilité des institutions et des emplois. Il a exprimé des craintes que la sélection des entreprises bénéficiaires n’entraîne l’exclusion de nombreuses structures et approfondisse la précarité professionnelle et sociale au sein du secteur, tout en affirmant son droit à mener des actions légitimes en défense des droits des journalistes et des travailleurs de l’information.
Dans un communiqué publié après la réunion d’urgence de son bureau exécutif, tenue le jeudi 22 octobre 2026 au siège du syndicat à Casablanca, celui-ci a déclaré que sauver les entreprises de presse ne peut se faire au détriment de la dignité des journalistes et de leurs droits, ainsi que de leurs postes de travail. Le syndicat a appelé le gouvernement et les institutions concernées à passer des promesses à des mesures concrètes et à des engagements écrits.
Le syndicat a noté la persistance de la précarité des conditions professionnelles et sociales des travailleurs de la presse écrite et électronique, ainsi que des radios privées et des journalistes indépendants, dans un contexte où un certain nombre de situations professionnelles et contractuelles sont liées aux formes de soutien public à venir, ce qui entraîne une incertitude quant à l’avenir de l’emploi et à la stabilité des institutions médiatiques.
Le bureau exécutif a critiqué le retard pris dans la définition des modalités de soutien public et l’absence d’implication des organisations professionnelles et syndicales dans leur élaboration et leur gestion, ainsi que le blocage du renouvellement de la convention collective pour les journalistes professionnels et l’assurance de son caractère obligatoire.
Le syndicat a appelé à lier l’accès à l’aide publique au respect des droits sociaux et professionnels des travailleurs, en obligeant les entreprises bénéficiaires à payer les salaires de manière régulière, à déclarer les journalistes et les travailleurs auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale, à respecter le droit du travail et à garantir la stabilité de l’emploi, tout en soumettant le versement de l’aide à un contrôle et une évaluation.
Il a également demandé le renouvellement de la convention collective des journalistes professionnels par un dialogue social sérieux et responsable, la régularisation des situations professionnelles des travailleurs de divers composants du secteur, y compris des journalistes indépendants, et la garantie de contrats clairs, ainsi que de la protection sociale et du respect des droits liés à l’exercice de la profession.
Concernant les critères de distribution de l’aide publique, le bureau exécutif a rejeté une approche unidimensionnelle, exigeant l’inclusion du syndicat et des organisations professionnelles et syndicales concernées dans l’élaboration des modalités de soutien et la définition des conditions d’accès, afin d’assurer l’égalité des chances et de protéger la diversité médiatique, notamment en ce qui concerne les petites et moyennes entreprises de presse, régionales et électroniques, de l’exclusion.
Le syndicat a proposé la création d’un mécanisme permanent de dialogue et de suivi incluant le gouvernement et des représentants des organisations professionnelles et syndicales, chargé de surveiller l’exécution des engagements et d’évaluer l’impact de l’aide sur l’emploi, les salaires et les conditions sociales, tout en définissant des délais clairs pour sa mise en œuvre et en documentant les mesures convenues dans des procès-verbaux officiels.
La position du syndicat ne se limite pas aux entreprises de presse privées, mais le bureau exécutif a également appelé à ouvrir un dialogue social sectoriel concernant les conditions professionnelles et sociales des travailleurs dans les institutions de l’audiovisuel public, couvrant les salaires, les promotions, la formation, les compensations et la protection sociale, ainsi qu’à renforcer l’indépendance professionnelle et éthique des journalistes.
En ce qui concerne l’organisation autonome de la profession, le syndicat a confirmé la poursuite de son combat pour réformer le cadre juridique régissant le Conseil national de la presse, soulignant que sa participation réservée aux élections et son engagement à relever le défi de la légitimité, malgré les circonstances entourant le processus, ne signifient pas un abandon de ses positions fondamentales.
Le bureau exécutif a insisté sur la continuité de cette lutte tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du Conseil national de la presse, dans le but de garantir l’indépendance de l’organisation autonome, sa démocratie et sa légitimité représentative, ainsi que la protection de la pluralité professionnelle et des droits des journalistes, tout en poursuivant la coordination avec d’autres entités professionnelles et syndicales face à ce qu’il a qualifié de dérive, d’exclusion et de domination sur l’organisation autonome de la profession.
Dans un autre registre, le bureau exécutif a exprimé son rejet des tentatives qu’il considère comme visant à affecter l’indépendance de la décision syndicale et à intervenir dans les affaires internes du syndicat, en évoquant l’intervention de certains organismes de presse et d’individus sans lien organisationnel avec celui-ci dans des affaires internes, et la promotion de mouvements qu’il a qualifiés de visant à imposer un fait organisationnel en dehors des cadres légaux et légitimes.
Le syndicat a affirmé que son indépendance décisionnelle était un sujet sensible et que les décisions organisationnelles revenaient exclusivement à ses organes légitimes, tout en insistant sur le fait que la différence d’opinion est un droit reconnu, à condition de respecter les institutions et les procédures organisationnelles, sans utiliser les désaccords internes pour affaiblir le syndicat ou influencer ses positions indépendantes.
Sur le plan organisationnel, le bureau exécutif a décidé d’organiser une journée d’étude interne pour évaluer la situation actuelle, en tirer des enseignements et établir une feuille de route pour la prochaine étape, tout en commençant à préparer la prochaine session du conseil national fédéral, dont la date et le lieu de tenue seront fixés après l’achèvement des arrangements organisationnels et logistiques.
Enfin, le bureau exécutif a conclu son communiqué en réaffirmant l’attachement du Syndicat national de la presse marocaine à son indépendance décisionnelle et à l’unité de ses institutions, ainsi qu’à la poursuite de la défense de la liberté de la presse, de la dignité des journalistes et de leurs droits, et d’une organisation autonome démocratique et indépendante de la profession, dans un contexte marqué par des défis croissants concernant l’avenir des entreprises de presse et les conditions professionnelles et sociales des travailleurs du secteur.




