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Trump loue le leadership d’al-Chaar après une rencontre historique à la Maison Blanche.

Le président américain Donald Trump a salué son homologue syrien Ahmad al-Shara lors de discussions inédites à la Maison-Blanche lundi, affirmant que le passé jihadiste de ce dernier l’aiderait à reconstruire son pays ravagé par la guerre.

Al-Shara, qui a conduit une opération militaire avec d’autres factions pour évincer Bachar al-Assad le 8 décembre, est le premier président syrien à visiter la Maison-Blanche depuis l’indépendance en 1946.

Il y a un an, al-Shara, alors connu sous le pseudonyme d’Abou Mohammed al-Joulani, dirigeait Hayat Tahrir al-Cham, l’émanation de Jabhat al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda, avant de déclarer une rupture avec celle-ci.

Les États-Unis le classaient comme « terroriste mondial » et avaient offert une récompense pour des informations le concernant.

Washington a retiré l’organisation de la liste des groupes terroristes en juillet.

Trump a exprimé son souhait de voir la Syrie connaître « le succès » après plus de dix ans de guerre, affirmant croire qu’al-Shara « est en mesure d’y parvenir ».

À l’issue de la réunion tenue loin des médias, Trump a déclaré : « C’est un leader très puissant », ajoutant : « Les gens évoquent la rudesse de son passé, mais nous avons tous eu un passé difficile… Et je pense franchement que vous n’aurez pas de chance si votre passé n’est pas difficile. »

Trump a indiqué que la Syrie représente « une grande part » de son plan pour une paix plus large au Moyen-Orient, sur lequel il compte pour renforcer le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas à Gaza.

Cependant, il n’a pas confirmé les rapports selon lesquels al-Shara impliquerait la Syrie dans la coalition internationale dirigée par les États-Unis contre l’État islamique, ou qu’il signerait un accord pour prévenir les hostilités avec Israël.

Dans une scène marquante, al-Shara a salué un groupe de partisans devant la Maison-Blanche en sortant de sa voiture, entouré de ses gardes du corps.

Un communiqué de la présidence syrienne sur la plateforme X a précisé que les discussions entre al-Shara et Trump avaient abordé les relations bilatérales entre les deux pays « et des moyens de les renforcer et les développer, en plus de plusieurs questions régionales et internationales d’intérêt commun ».

– “Transformation impressionnante” –

Contrairement aux cérémonies habituelles lors des rencontres de Trump avec des dirigeants, la rencontre avec al-Shara était fermée et éloignée des médias.

Cependant, la présidence syrienne a diffusé des photos de Trump serrant la main d’al-Shara dans le bureau ovale.

Al-Shara apparaissait dans d’autres images assis en face de Trump en présence de hauts responsables américains, dont le vice-président Jay D. Vance, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et le chef d’état-major Dan Keen.

Depuis son arrivée au pouvoir, la nouvelle direction syrienne s’est efforcée de se distancier de son passé violent et de présenter une image plus modérée aux Syriens ordinaires et aux puissances étrangères.

Michael Hanna, directeur du programme États-Unis au sein de l’International Crisis Group, a estimé que la visite d’al-Shara à la Maison-Blanche « revêt une grande symbolique pour ce nouveau leader du pays qui fait un pas remarquable dans sa transformation d’un leader radical à un homme d’État mondial ».

Le président transitoire a rencontré Trump pour la première fois en Arabie Saoudite lors d’une tournée régionale que le président américain effectuait en mai.

La Syrie, sortie d’un conflit dévastateur de 13 ans, cherche à obtenir des financements pour sa reconstruction, dont le coût a été estimé par la Banque mondiale à plus de 216 milliards de dollars.

À son arrivée à Washington, al-Shara a rencontré la directrice générale du Fonds monétaire international, Kristalina Georgieva, pour discuter des possibilités d’aide à la Syrie après des années de guerre, ainsi qu’avec des représentants d’organisations syriennes.

La décision du ministère américain des Affaires étrangères de retirer al-Shara de la liste noire était attendue.

Cette visite à Washington fait suite à sa présence au siège des Nations Unies à New York en septembre, où il est devenu le premier président syrien depuis des décennies à prononcer un discours devant l’Assemblée générale de l’ONU.

Enfin, le président syrien a engagé des contacts diplomatiques avec les adversaires de Washington. Il a rencontré le président russe Vladimir Poutine en octobre lors de leur première réunion depuis l’éviction d’al-Assad, allié du Kremlin.

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