Hommage bien mérité à Haajar Krik’a à Guelmim

La talentueuse actrice Hajar Krikâa a été célébrée lors de la cérémonie d’ouverture de la 11e édition du Festival du film de Souss-Massa à Guelmim, le mercredi 24 décembre 2025, avec un hommage digne de son statut d’artiste qui a brillé dans ses diverses œuvres. À cette occasion, nous mettons en lumière son parcours artistique et la variété de ses réalisations :
Une carrière artistique de plus de vingt ans :
L’actrice de théâtre, de télévision et de cinéma Hajar Abbas Krikâa, diplômée du Haut Institut d’Art Dramatique et d’Animation Culturelle en 2005, a accumulé une expérience considérable sur scène et devant les caméras de télévision et de cinéma depuis plus de deux décennies. Son parcours artistique a débuté avec la troupe de théâtre Aphrodite, fondée par le créateur Abdelmajid Al-Hawwas, où elle a remporté à deux reprises le prix de la meilleure actrice lors du Festival national de théâtre de Meknès : la première fois en 2006 pour son rôle dans la pièce « Nostalgie », réalisée par Reda El-Abdellawi (son époux) et Abdelmajid Al-Hawwas, cette pièce étant également son projet de recherche de fin d’études. La seconde fois, c’était en 2008 pour son rôle dans la pièce « Jardin suspendu », écrite par l’auteur Youssef Fadel et mise en scène par Abdelmajid Al-Hawwas.
Parallèlement à son travail au théâtre, Hajar Krikâa s’est ouverte au cinéma en participant à un court-métrage intitulé « Les Servantes » (2006), réalisé par Ghaïta Al-Qasar, suivi de plusieurs longs métrages dont le dernier en date est « Plus sucré » (2026), signé Leila Marrakchi, où elle partage l’affiche avec Fatima Atef, Nisrine Rradi et Hanan Benmoussa.
Sur le petit écran, sa première apparition a eu lieu dans la série « Bint Bladi » (2009), aux côtés des défunts Saïd Allah Aziz, Khadija Asad, du chanteur Hatim Ammor et d’autres, sous la direction de Charlie Belouto.
Parmi ses autres films, on peut citer : « Mouvita » (2025) de Maidan Al-Ghazwani, « Le tiers vide » (2023) de Fawzi Ben Saïdi, « Les quatre cents pages » (2019) de Ghazlan Asif (court-métrage), « Colère » (2012) de Mohamed Zine El-Din, « Femmes dans des miroirs » (2010) de Saïd Cheraïbi. Quant à ses œuvres télévisuelles, on mentionnera les séries « Soie du patience » (2024) de Yassid El-Qadiri, « Joie temporaire » (2024) d’Idris Merini, « Mon chéri » (2024) de Jihane Al-Bahar et Nada Al-Charkaoui, « Hidane et Bint Al-Harraz » (2021) de Mohamed Nasrat, « Certificat de naissance » (2020) de Hamid Zayan et Ilham Al-Alimi, « Affaire d’une vie » (2020) de Mourad El-Khodi, « Al-Madani » (2019) de Youssef Beritil, « L’honneur de la ville » (2018) de Hakim Al-Qabbabi, « L’œil de la vérité » (2018) d’Abdel Salam Al-Klai, « Réverbération des murs » (2014) de Saïd Azar, « L’Étranger » (2012) de Leila El-Turki… ainsi que les films « L’homme qui a disparu » (2018) de Hicham Al-Jabari et « Imprévoyance » (2018) de Jihane Al-Bahar.
En plus des deux prix mentionnés précédemment, Hajar Krikâa a remporté en 2013 un troisième prix en tant que meilleure actrice au Festival National de Théâtre de Meknès pour son rôle dans la pièce « Larmes d’alcool », écrite par Issam El-Yousfi et réalisée par Asma El-Houri. Ces récompenses ont constitué pour elle un puissant encouragement à continuer de développer ses compétences et à renouveler son jeu dans l’optique de toujours s’améliorer, car le perfectionnisme, tant dans l’art que dans la vie, est une chimère.
Parmi ses autres œuvres théâtrales, nous mentionnons : la pièce « Femme seule » d’Abdelmajid Al-Hawwas, la pièce « Histoire d’amour » (2008) réalisée par Fawzi Ben Saïdi, la pièce « Khalwa et Kif » (avec la troupe Al-Faddan à Tétouan) mise en scène par Adil Abatarab, et la pièce « Teknza… L’histoire de Toudah » (avec la troupe de théâtre Fanous de Ouarzazate) réalisée par Amin Nasour (2024)…
Ce qui caractérise cette actrice talentueuse, c’est sa prudence à accepter les rôles qui lui sont proposés. Elle prend le temps d’examiner chaque rôle et n’accepte que ceux qui éveillent en elle des émotions fortes, des idées et des positions pertinentes. Elle refuse souvent de travailler sur deux projets ou plus simultanément, car elle souhaite accorder à chaque œuvre l’attention qu’elle mérite en matière de recherche, d’entraînement, de travail acharné et de préparation psychologique et physique. Cette méthode réfléchie lui a permis de conserver la puissance de son jeu dans les productions auxquelles elle participe, même si elle n’en a pas produit autant que d’autres actrices de sa génération. Son charisme captivant devant les caméras, en particulier à la télévision, a séduit le public.
Parmi les rôles variés qu’elle a incarnés, nous pouvons citer celui de la femme travailleuse qui, à travers son travail et ses talents, cherche à s’affirmer et à contribuer aux côtés de l’homme au développement de sa communauté. Elle affectionne particulièrement les rôles s’inscrivant dans le registre de la comédie de situation (comme dans le téléfilm « L’homme qui a disparu » de Hicham Al-Jabari).
Salutations de respect et d’admiration à cette actrice créative, dotée d’une sensibilité aigüe, d’une forte présence artistique et d’une excellente réputation grâce à son sérieux au travail, à ses valeurs éthiques et à son choix judicieux de rôles, surtout ceux qui enrichissent son parcours artistique et l’éloignent des pièges de la banalité.
Ahmed Sigilmassi




