Prisons et amendes : une rigueur sans précédent sur le marché des cigarettes électroniques et des sachets de nicotine

Il y a quelques jours avant l’entrée en vigueur des nouvelles normes concernant les cigarettes électroniques et les sachets de nicotine, le 21 février 2026, l’attention se tourne vers l’aspect répressif que recouvre ce cadre réglementaire, considéré comme le principal outil de l’État pour imposer une discipline dans un marché qui a longtemps échappé à une surveillance stricte.
Lors d’un séminaire organisé par le site Medias 24, en présence de représentants des autorités publiques, d’experts en normalisation et en qualité, ainsi que d’associations de protection des consommateurs, un consensus clair a émergé sur le fait que la phase des sanctions sera déterminante pour réorganiser le marché et mettre un terme à la désorganisation qui a caractérisé la circulation de ces produits.
Dans ce contexte, Rashid Serakh, directeur du contrôle des marchés et de la qualité au ministère de l’Industrie et du Commerce, a confirmé que toutes les importations de cigarettes électroniques et de sachets de nicotine seront, à partir du 21 février, soumises à une surveillance rigoureuse comprenant un examen documentaire ou physique, ainsi qu’une analyse en laboratoire, en fonction du degré de dangerosité de chaque produit. Il a souligné qu’aucun produit non conforme aux nouvelles normes ne sera autorisé sur le marché marocain, et qu’il sera immédiatement renvoyé ou détruit, ce qui entraînera des pertes financières directes pour les importateurs, avec la possibilité d’enregistrer des infractions à leur égard en cas de récidive.
En ce qui concerne le marché intérieur, un plan national sera activé pour prélever des échantillons des produits en circulation et les soumettre à des analyses en laboratoire. Si une non-conformité est établie, les produits seront immédiatement retirés de la vente et des procès-verbaux officiels seront transmis au procureur. Les sanctions, comme annoncé, peuvent aller jusqu’à une peine d’emprisonnement de trois mois à deux ans, en plus d’amendes allant de 50 000 à 1 million de dirhams, indiquant clairement le durcissement des autorités sur ce dossier.
De son côté, Abdul Rahim Taybi, directeur général de l’Institut marocain de normalisation, a précisé que ces normes mettent fin à un vide juridique qui a perduré pendant des années, en affirmant que leur respect n’est plus une option mais une obligation légale. Il a ajouté que cette nouvelle phase signifie la fin de l’improvisation et vise à instaurer un étiquetage clair et un système de traçabilité permettant au consommateur de connaître la nature du produit et ses risques avant de l’acheter.
Dans le même sens, Wadi Madih, président de la fédération nationale des associations de consommateurs, a annoncé que les associations joueront un rôle actif à ce stade, non seulement par le biais de sensibilisation, mais également en recourant à la justice chaque fois que des violations portant atteinte aux droits des consommateurs seront observées. Il a confirmé que la fédération, en tant qu’entité habilitée à poursuivre en justice, s’appuiera sur l’article 157 de la loi 31-08 pour poursuivre les contrevenants, constituant ainsi un levier de pression supplémentaire sur le marché.
Tous les intervenants s’accordent à dire que l’adoption des normes, malgré son importance, ne parviendra pas à atteindre ses objectifs sans un engagement strict de tous les acteurs, des importateurs aux distributeurs et aux vendeurs, ainsi qu’en collaboration avec les organes de contrôle.
Avec l’arrivée du 21 février, le marché des produits alternatifs au tabac entre dans une nouvelle phase marquée par la rigueur et la responsabilité, avec un message clair : il n’y a plus de place pour tout produit non conforme, et ceux qui ne respectent pas la loi paieront le prix sur le plan légal et financier.




