« Métaphore de Cordoue » du poète Abd Al-Haqq Ben Rahmoun : une nouvelle ouverture sur l’Andalousie avec des métaphores inédites.

Latifa Labessir écrivain et académicienne
Le poète Abdelhaq Ben Rahmoun continue de tisser ses mondes poétiques avec une nouvelle publication intitulée « Mojaz Al-Qurtubi ». Ce recueil de poèmes se distingue par sa diversité, abordant des thèmes variés à travers des titres tels que « Domaine-moi – Trois icônes – Le Secours – L’Andalouse – Dans le palais de Vienne – Cordoue (maison de l’isolement et de la couronne) », entre autres. Le recueil, qui compte 157 pages, est publié par la Bibliothèque de la Paix Nouvelle à Casablanca en 2026.
Ce recueil crée des dimensions et des axes qui soulèvent de grandes questions sur l’imaginaire andalou tel que le perçoit le poète avec un regard renouvelé. L’évocation de l’Andalousie revive une histoire qui continue de prendre souffle à travers un héritage humain, culturel, géographique et historique, porté par des femmes qui naissent du passé pour embrasser le présent. Ainsi, le mojar devient une forme de liens possibles avec des ponts anciens. Le poète dit : « Avant la conquête de l’Andalousie / Un ancien chemin, vers la croyance méditerranéenne / et atlantique / quand ils se rencontrent dans les batailles / de la capitation et des captifs. »

Le mojar rappelle cette Andalousie qui reste présente malgré la distance, cherchant à ranimer le passé sous différentes formes à travers un langage vivant et dynamique. Le poète évoque ses traits lointains : « Elle m’échange un baiser, à la fois global et partiel, au crépuscule / Elle se détache de l’aube », jusqu’à ce qu’il touche une histoire de ceux qui ont traversé et dessiné les contours de l’Andalousie, et qui deviennent des métaphores déchiffrées par le langage poétique en disant : « Leurs vies n’étaient pas à l’intérieur de la pierre, au dehors de la mer… Leurs âmes / Détails d’abondance, et le tintement de coupes et d’épées qui se mêlèrent / aux peuples et s’infiltrèrent vers la fraîcheur comme l’eau. »
Le recueil « Mojaz Al-Qurtubi » ouvre de nouvelles questions dans l’espace andalou et ses récits. Ses histoires ont été écrites par de nombreux historiens, poètes et explorateurs, redonnant l’âme à la pierre et lui donnant voix à travers un « mojar d’écoulement d’eau abondante », comme si celui qui frappe la nuit était un Tariq venant d’un lieu différent de celui qu’il connaissait auparavant. Ainsi, le recueil offre des perspectives contemplatives nouvelles sur les portes de l’Andalousie, en traçant ses propres métaphores qui fondent une révolution du doute et de l’amour fou, et une mémoire des rois, des hommes, des femmes captives et des coupes de trahison… Il construit ainsi une histoire d’idées qui incitent à la lecture et à la méditation, apportant à la bibliothèque arabe une icône poétique rare. Les métaphores d’amour, de passion, d’inspiration, et de désespoir suffisent à elles seules à ouvrir un recueil qui suinte le sang d’amour et de mort.




