Initiative « Mange comme tu veux » : un modèle innovant de lutte contre le gaspillage alimentaire à travers une approche solidaire.

Au cours des dernières années, le gaspillage alimentaire est passé d’un simple comportement individuel isolé à une problématique sociale, économique et environnementale complexe. Malgré les campagnes de sensibilisation continues appelant à une consommation modérée et soulignant les effets sociaux, économiques et environnementaux du gaspillage alimentaire, d’importantes quantités de denrées continuent d’être gaspillées quotidiennement.
Dans ce contexte, des initiatives de terrain ont émergé pour passer d’une logique de sensibilisation à celle de solutions pratiques. Ces initiatives ne se contentent pas de sensibiliser, mais cherchent également à réorienter et valoriser les surplus alimentaires de manière innovante, en mobilisant la technologie et en reliant les différents acteurs de la chaîne alimentaire.
Parmi ces initiatives phares, « Kol li bghiti » se distingue comme un modèle innovant dans la lutte contre le gaspillage alimentaire. Elle repose sur une approche solidaire et astucieuse, consistant à collecter les denrées alimentaires excédentaires des grandes surfaces et des entreprises agroalimentaires, afin de les rediriger vers les populations vulnérables.
Cette initiative vise à créer un lien efficace entre les donateurs, qu’il s’agisse d’entreprises, de commerces ou d’individus, et les associations bénéficiaires, par l’organisation de collectes et de distributions de manière structurée, assurant la sécurité alimentaire et le respect des normes de qualité. Cela contribue à réduire le gaspillage et à promouvoir une culture de consommation responsable et de solidarité sociale.
Dans ce cadre, Imane Murtaji, responsable des partenariats chez « Kol li bghiti », a souligné que cette initiative marocaine unique s’attaque à la problématique du gaspillage alimentaire au Maroc, précisant que certaines estimations indiquent que les foyers marocains ont jeté environ 4,2 millions de tonnes de denrées alimentaires en 2022, soit un taux de 113 kg par personne par an.
Partant de ce constat, Murtaji a déclaré dans un entretien accordé à l’agence marocain de presse que l’idée de cette initiative émerge comme une solution innovante à cette problématique, via une plateforme numérique qui relie les entreprises productrices de denrées alimentaires, telles que les grandes surfaces, les restaurants, les hôtels et les entreprises agroalimentaires, disposant de surplus de produits non vendables mais toujours consommables, et les associations qui soutiennent les populations vulnérables.
Elle a précisé que cette plateforme organise la redistribution de ces surplus de manière structurée et efficace, en les orientant vers des associations actives dans le domaine social et solidaire, contribuant ainsi à réduire le gaspillage alimentaire et à renforcer les valeurs de solidarité et de soutien au sein de la société.
Elle a également affirmé que l’impact de cette initiative ne se limite pas seulement à l’aspect social, mais s’étend au domaine environnemental par la réduction des émissions de dioxyde de carbone.
Murtaji a ajouté que « Kol li bghiti » œuvre aussi à promouvoir une culture de consommation responsable, conçue comme une pierre angulaire dans la construction d’une société équilibrée et durable, précisant qu’il s’agit d’une responsabilité collective partagée par tous les éléments de la société.
Elle a également noté que cette initiative cherche à encourager les entreprises à s’engager dans ce chemin solidaire, renforçant ainsi leur responsabilité sociale. À cet égard, elle a réussi à établir d’importants partenariats avec quatre grandes entreprises qui collaborent avec elle de manière régulière, tandis que plus de cinquante associations des villes de Casablanca et ses environs, ainsi que de Rabat, Salé et Temara, bénéficient de ses services.
De son côté, Hajiba Ahmima de l’Association Idmaj pour le développement, l’une des associations bénéficiaires des services de « Kol li bghiti », a souligné l’importance de cette initiative qui permet aux associations d’aider les personnes en situation de vulnérabilité, en fournissant régulièrement des repas et des produits alimentaires variés.
Elle a indiqué que l’Association Idmaj pour le développement gère quatre centres d’insertion, s’adressant à différentes catégories vulnérables, y compris les enfants, les jeunes et les femmes, ajoutant que l’initiative permet à l’organisation de soutenir et d’aider plus de 500 familles.
Elle a affirmé que de telles initiatives représentent une brique essentielle dans la construction d’un modèle de développement plus durable, reposant sur une bonne gestion des ressources et le renforcement de la solidarité entre les différentes composantes de la société.
Ainsi, faire face au gaspillage alimentaire nécessite une synergie entre la sensibilisation et les comportements d’une part, et l’innovation et les solutions pratiques d’autre part. Alors que les campagnes de sensibilisation demeurent essentielles pour ancrer une culture de consommation responsable, le soutien et l’élargissement des initiatives innovantes ainsi que l’engagement sur le terrain restent des étapes fondamentales pour atteindre un impact tangible et durable.




