La crise du secteur de la volaille s’intensifie : l’Association des éleveurs accuse la Fédération de désinformation et demande une enquête approfondie.

Dans un communiqué particulièrement incisif, l’Association nationale des éleveurs de poules de chair a exprimé son étonnement quant au contenu d’un avis émis au nom de la fédération professionnelle, lequel considérait la situation actuelle du secteur avicole comme une simple crise temporaire, liée aux fluctuations de la production ou à une baisse de la demande durant la période de l’Aïd al-Adha.
L’association a estimé que ce propos « ne reflète pas la réalité du secteur », le qualifiant de tentative de tromper l’opinion publique et de se dérober aux responsabilités, tout en affirmant que la crise actuelle résulte de longues années de mauvaise gestion, d’absence de gouvernance et d’une organisation défaillante dans le secteur.
Elle a précisé que ce qui se passe actuellement dans le secteur représente un « effondrement sans précédent » menaçant des milliers d’éleveurs et leurs familles. Elle a souligné que les politiques publiques, notamment le contrat-programme relatif à la filière, n’ont pas atteint les objectifs annoncés, mais, selon ses dires, ont contribué à concentrer le pouvoir économique entre les mains d’une catégorie restreinte, tout en excluant les petits et moyens éleveurs.
L’association a également critiqué ce qu’elle considère comme un manque de représentation réelle des producteurs modestes lors de la préparation et de l’exécution des accords sectoriels, affirmant que les organismes professionnels ayant supervisé ce processus portent une part de responsabilité dans l’état actuel des choses.
Concernant les causes directes de la crise, l’association a mis en lumière l’existence d’un excédent important de production sur le marché des poussins, précisant que la production hebdomadaire a dépassé 15 millions de poussins, alors que les besoins ne dépassaient pas 9 millions, entraînant un sursaut des marchés et un effondrement des prix en dessous du coût de production.
Elle a considéré que ce déséquilibre a entraîné d’importantes pertes économiques pour les éleveurs et la fermeture de nombreuses exploitations, mettant en cause les autorités compétentes pour leur inaction, malgré les signes précurseurs de la crise observés depuis un certain temps.
L’association a appelé à l’ouverture d’une enquête indépendante et exhaustive sur la gestion du secteur avicole, en particulier en ce qui concerne le contrat-programme et les mécanismes de production et de commercialisation des poussins, avec un appel à établir des responsabilités et à rendre des comptes.
Elle a également exigé une intervention gouvernementale urgente pour sauver les éleveurs, ainsi que la mise en place de mesures immédiates pour stopper l’hémorragie financière, et à ce que le secteur soit restructuré sur la base de la transparence et de l’équité, en élargissant la représentation pour inclure les petits et moyens producteurs, considérant que la situation actuelle n’est plus simplement une crise passagère mais un « déséquilibre structurel menaçant la sécurité alimentaire nationale ».




