Le baril et le missile : Hussein Yamani met en garde contre les conséquences de la hausse des prix de l’énergie et appelle à renforcer la souveraineté énergétique au Maroc.

Hussein Yamani, secrétaire général du syndicat national des hydrocarbures et du gaz affilié à la Confédération démocratique du travail et président du Front national pour la sauvegarde de la raffinerie marocaine de pétrole, a averti des conséquences graves des troubles géopolitiques sur les prix de l’énergie, affirmant que “le baril est devenu tributaire des missiles” dans le contexte de l’escalade militaire au Moyen-Orient.
Yamani a indiqué, dans une déclaration à la presse, que les prix du pétrole et du gaz ont connu une forte hausse depuis l’éclatement des tensions récentes, le prix du Brent passant de 73 dollars à 114 dollars, soit une augmentation de 56%, tandis que le prix du gasoil a grimpé de 730 dollars la tonne à environ 1400 dollars, ce qui représente une hausse de 92%. Cela reflète une accélération plus marquée des prix des produits raffinés par rapport à ceux du pétrole brut.
Il a aussi souligné que ces écarts mettent en évidence l’importance stratégique du raffinage du pétrole, notant que la différence entre le prix du litre de pétrole brut et celui du gasoil pur est d’environ 4,23 dirhams, représentant, au regard de la consommation nationale, près de 30 milliards de dirhams par an, sans compter les autres dérivés du raffinage.
Le porte-parole a critiqué les politiques adoptées dans le secteur de l’énergie au Maroc, considérant que les décisions de privatisation de la distribution et du raffinage ainsi que la libéralisation des prix des carburants ont contribué à affaiblir la souveraineté énergétique, évoquant la situation de la société Samir, qualifiée de “maillon central” dans le système énergétique national.
Yamani a prévu que le prix du gasoil sur le marché marocain atteigne environ 18 dirhams le litre, après ajout des coûts de transport, des taxes et des marges bénéficiaires, avertissant des répercussions sur le pouvoir d’achat des citoyens, malgré les mesures de soutien destinées au secteur du transport.
Il a appelé, dans ce contexte, à prendre des mesures urgentes pour atténuer les effets de la crise, notamment la réévaluation de la décision de libéralisation des prix des carburants, la réduction ou la suspension temporaire des taxes imposées, ainsi que la relance des activités de raffinage à la raffinerie de Mohammédia et le renforcement des stocks stratégiques.
Il a également insisté sur la nécessité de réformer le cadre juridique régissant le secteur de l’énergie afin d’assurer un rôle de surveillance efficace de l’État, d’adopter un gasoil professionnel en faveur des acteurs du secteur du transport, ainsi que de soutenir le pouvoir d’achat des citoyens par l’amélioration des salaires et la lutte contre les pratiques d monopolisation.
Yamani a affirmé que la situation actuelle exige une mobilisation nationale complète pour renforcer la sécurité énergétique, dans un monde en proie à des fluctuations rapides pouvant impacter directement la stabilité des approvisionnements et des prix.




