Le médiateur du royaume transmet le dossier du projet du barrage « Ain El Kassab » dans la province de Benslimane au préfet de la province.

La Médiation du Royaume a transmis, le 31 octobre 2025, au wali de la province de Benslimane un dossier relatif à la plainte concernant le projet du barrage « Aïn el-Kassab » dans la commune de Mellila, enregistrée sous le numéro 074608. Cette démarche fait suite à un recours déposé par un des sinistrés après la décision surprise de modifier le site du barrage.
L’institution a précisé dans sa correspondance qu’elle a examiné la plainte à la réception de celle-ci et a constaté que le sujet relève des compétences des autorités provinciales concernées, ce qui a nécessité l’envoi du dossier au wali de la province pour les mesures nécessaires conformément à la loi.
### Transformation du projet d’un cours d’eau à deux cours d’eau… Un motif de colère et de mécontentement
La plainte — dont le pays dispose d’une copie — indique que l’étude technique réalisée en 2016 avait fixé le site du barrage à la zone de Maghran, permettant ainsi de rassembler les eaux des cours d’eau Nefifikh et Dalia ensemble. Cela garantissait une capacité de stockage importante et une meilleure fourniture d’eau à la population locale et aux environs de manière durable.
Cependant, la décision récente, source d’un large débat, prévoit de déplacer le site du projet d’environ 8 kilomètres en amont pour que le barrage soit orienté vers la collecte des eaux d’un seul cours d’eau (le cours d’eau Dalia), ce que les sinistrés considèrent comme un changement fondamental qui prive le projet d’une grande partie de sa pertinence économique et de son efficacité.
La plainte met en garde contre les impacts négatifs possibles de ce changement, en particulier en ce qui concerne :
– La réduction de la capacité de stockage des eaux
– La diminution de l’efficacité du barrage par rapport à la conception initiale
– Des conséquences potentielles sur le développement agricole et social de la région.
Le recours adressé à l’institution comporte plusieurs demandes principales, notamment :
1. Ouvrir une enquête sur les véritables raisons ayant conduit au changement de site du barrage après la réalisation des études techniques de 2016.
2. Révéler toute étude environnementale ou technique récente qui a précédé la prise de décision.
3. Garantir les droits en matière d’eau pour la population de la commune de Mellila et des zones avoisinantes de manière juste et équitable.
4. Reconsidérer la décision ou prendre des mesures pour éviter d’éventuels dommages.
5. Mettre en œuvre des mécanismes de transparence et de contrôle dans la gestion des projets hydriques stratégiques pour prévenir tout abus de pouvoir ou conflit d’intérêts.
La transmission du dossier au wali de la province montre que la Médiation du Royaume continue d’assumer son rôle de médiateur et de protecteur des droits des citoyens, en attendant les résultats des enquêtes et des démarches provinciales sur ce projet vital.




