Société

Le succès du nouveau cycle de programmes de développement territorial dépend des compétences.

Omar El Masadi

Le Maroc vit aujourd’hui une phase cruciale dans son parcours de développement, marquée par le lancement d’une nouvelle génération de programmes de développement territorial intégrés. Cette approche repose sur une vision holistique, la coordination des efforts entre les différents acteurs, et l’évaluation de l’impact réel des projets sur la vie des citoyens.

Dans cette dynamique accélérée, une question centrale se pose : la volonté politique seule suffit-elle à garantir le succès de ces grandes initiatives ?

Selon de nombreux experts et acteurs, la volonté de réforme est une condition essentielle, mais elle reste insuffisante sans la présence de ressources humaines compétentes, capables de transformer les programmes et les plans en réalité tangible. La développement, aussi ambitieux soit-il, demeure tributaire d’acteurs possédant les compétences, le savoir et un esprit d’innovation.

Cependant, la responsabilité de fournir ces compétences ne repose pas uniquement sur l’administration publique, mais inclut également les partis politiques, en tant qu’institutions constitutionnelles chargées de la formation politique et de l’élaboration des élites. Les partis doivent aujourd’hui plus que jamais promouvoir des candidats et candidates dotés de compétences et d’une capacité à gérer le territoire, au-delà de la logique des fidélités ou des considérations électorales étroites.

La mise en œuvre des programmes de développement territorial intégrés nécessite des élus qui comprennent les mécanismes de planification stratégique, maîtrisent l’analyse des documents financiers et sont capables de diriger des projets, de suivre leur exécution et d’interagir avec les besoins de la population, dans un cadre de gouvernance fondé sur la transparence et la responsabilité. Les conseils élus ne se contentent pas d’être des espaces de débat politique, mais sont des institutions de gestion ayant un impact direct sur la qualité des services publics.

Ainsi, le rôle des partis dans la sélection d’élites qualifiées est un pilier fondamental de l’équation du développement.

Plus les compétences sont élevées, plus le niveau d’exécution des projets s’améliore, diminuant ainsi le coût du temps de développement et renforçant la confiance des citoyens dans les institutions.

De plus, les expériences internationales ont prouvé que la réforme de l’État ne se réalise pas seulement à travers des stratégies nationales, mais également par le renouvellement de la classe politique et l’apport de nouvelles personnes capables de suivre les transformations économiques, sociales et technologiques.

Au Maroc, qui s’est engagé dans la restructuration de son modèle de développement et l’adoption de nouvelles approches dans la gestion des affaires publiques, il est clair que le plus grand défi ne réside pas dans la quantité de documents et de programmes, mais dans ceux qui portent la responsabilité de les mettre en application sur le terrain.

Les projets nécessitent des ingénieurs, des techniciens et des fonctionnaires, mais ils ont également besoin d’élus compétents pour conduire le changement au sein des institutions territoriales.

Le succès de toute initiative de développement, y compris la nouvelle génération de programmes territoriaux, repose sur une trilogie interconnectée :

– Une volonté de réforme sincère au niveau de l’État,

– Des partis politiques responsables qui soutiennent des compétences capables de gestion,

– Des ressources humaines qualifiées au sein de l’administration et des collectivités territoriales.

Sans ces éléments, la réforme restera une simple bonne intention, manquant des outils humains pour en réaliser l’impact.

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