Santé

Le ministre de la Santé confirme la transparence des marchés des médicaments, tandis que l’opposition demande la formation d’une commission d’enquête.

Le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Ameen Tahravi, a affirmé ce mercredi devant la Chambre des représentants que l’acquisition des médicaments, comme pour d’autres achats publics, se fait exclusivement dans le cadre de la loi, soulignant que les marchés publics sont conclus avec des entreprises régies par le droit commercial.

Le ministre a précisé, devant la Commission des secteurs sociaux, que les opérations d’acquisition des médicaments « ne sont pas effectuées par des décisions individuelles ou des interprétations personnelles, mais selon le décret sur les marchés publics qui définit les règles et conditions de concurrence, les procédures de candidature, et les principes de transparence et d’égalité des chances ».

Tahravi a ajouté que ces marchés sont soumis à un contrôle strict des services compétents du ministère de l’Économie et des Finances, et qu’ils sont annoncés auparavant sur le portail national des marchés publics, ce qui garantit l’égalité d’accès et une concurrence loyale.

Dans ce contexte, il a noté que « le marché d’approvisionnement du marché en chlorure de potassium a été attribué par le ministère à une entreprise de production locale, dans le cadre rigoureux d’un appel d’offres, et non à une entreprise importatrice disposant d’une autorisation temporaire ».

Il a poursuivi en précisant qu’« en ce qui concerne les préoccupations soulevées autour des conflits d’intérêts, il est important de clarifier que les marchés publics ne sont pas conclus avec des personnes physiques, mais avec des entreprises régies par le droit commercial », réaffirmant l’engagement à « appliquer les lois existantes telles quelles, sans sélection ni exceptions ni discrimination ».

En ce qui concerne la gestion des licences liées aux médicaments, Tahravi a indiqué qu’elles relèvent de l’Agence marocaine des médicaments et des produits de santé, soulignant leur établissement par la loi 10.22 relative à la création de l’agence marocaine des médicaments et des produits de santé, ce qui constitue une réforme structurelle importante répondant à des problématiques qui persistent depuis des années.

Dans ce même contexte, le directeur général de l’Agence marocaine des médicaments et des produits de santé, Samir Ahid, a présenté les contraintes liées à l’établissement autorisé de la mise en marché du chlorure de potassium, considéré comme un médicament vital, notamment dans les services de réanimation et en cardiologie.

Il a spécifiquement mentionné l’arrêt de la ligne de production des perfusions en raison des travaux de reconstruction de l’unité industrielle dédiée aux formes injectables, ainsi qu’un échange régulier de documents techniques entre l’établissement et les autorités réglementaires au cours des années 2023 et 2024.

Étant donné l’importance thérapeutique de ce médicament et le risque de troubles du rythme cardiaque en cas de déficit aigu en potassium, M. Ahid a ajouté que l’agence accompagne techniquement l’entreprise fabricante, active le permis exceptionnel d’importation si nécessaire, et accélère l’étude de la mise à jour de l’autorisation de mise sur le marché, en coordination continue avec la direction des approvisionnements et les établissements de santé.

Il a précisé que le permis exceptionnel d’importation est accordé uniquement dans les cas où une nécessité thérapeutique avérée pour un médicament prescrit non enregistré au Maroc est requise, ajoutant que cette procédure a été active dans plusieurs cas concernant des médicaments nécessaires, prescrits mais indisponibles sur le marché marocain, ou dans des situations d’urgence mettant en danger la vie du patient, ainsi que des demandes d’établissements de santé ou des marchés publics pour des médicaments non enregistrés ou manquants.

Dans un contexte similaire, M. Ahid a confirmé que l’agence a enregistré une augmentation notable du nombre de permis exceptionnels d’importation en 2024, attribuant cela à la pression sur le marché international, notamment pour les médicaments vitaux et leurs matières premières, renforçant ainsi le rôle légal et réglementaire de ce mécanisme pour garantir la continuité des traitements et éviter toute rupture dans les médicaments essentiels.

En revanche, M. Ahid a noté une baisse des autorisations prévue pour 2025 en raison des mesures correctives mises en place par l’agence, parmi lesquelles l’amélioration du suivi des stocks nationaux de médicaments et le renforcement de la coordination avec les entreprises pharmaceutiques industrielles, tout en imposant le respect des réserves obligatoires de médicaments vitaux conformément à la décision ministérielle régissant ces réserves, et en accélérant l’étude des dossiers d’enregistrement, surtout en ce qui concerne les médicaments essentiels, afin de réduire la dépendance à l’importation exceptionnelle. Il a conclu que les mesures préventives adoptées par l’agence ont permis d’éviter la rupture d’un médicament vital utilisé dans les cas cardiaques critiques et d’activer des mécanismes juridiques extraordinaires protégeant la vie des patients, tout en garantissant le retour de la production nationale après l’évaluation de l’unité industrielle.

Pour leur part, les députés de la majorité ont souligné positivement l’importance de la création de l’agence marocaine des médicaments et des produits de santé pour faire face aux défis rencontrés dans le secteur de la santé, notamment ceux liés à la sécurité médicamenteuse, confirmant les rôles essentiels de cette agence dans le suivi du marché du médicament et la fourniture de médicaments essentiels, tout en contrôlant leur qualité et leur efficacité conformément aux normes internationales.

Les groupes de la majorité ont également souligné les problématiques liées aux prix des médicaments, notant que la hausse des prix résulte d’un « important cumul dû à l’absence de prix raisonnables pour les médicaments au niveau national », mettant également en avant « le recul de l’industrie pharmaceutique et l’autosuffisance ».

Certaines formations de l’opposition ont critiqué la gestion des marchés d’achat de médicaments, appelant à la formation d’une commission d’enquête sur ce sujet et les hausses de prix constatées pour plusieurs médicaments.

De leur côté, ces groupes ont insisté sur la nécessité de développer l’industrie nationale, considérée comme la véritable garantie de la souveraineté médicamenteuse.

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