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Le محور Rabat-Dakar : un accord diplomatique exemplaire fondé sur des références au développement avec une empreinte africaine

Al-Boraq Shadi Abdel Salam

J’ai choisi le Sénégal en raison de sa position éminente en Afrique, grâce à son modèle démocratique historique, à sa stabilité politique et sociale, et à sa dynamique économique, de même qu’aux relations fraternelles, de solidarité et de destin commun qui unissent les peuples sénégalais et marocain à travers l’histoire, chacun d’eux représentant l’extension naturelle de l’autre, dans une cohésion unique entre deux pays souverains qui respectent leurs spécificités.” Discours de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, à Dakar, le 6 novembre 2016.

Ce discours royal a servi de cadre de référence pour la politique africaine du Maroc, où Sa Majesté a veillé à affirmer le rôle central du Sénégal dans cette politique fondée sur des valeurs civilisationnelles avec une dimension de développement global, s’inscrivant dans une richesse historique que détient le Maroc dans ses relations diversifiées avec les peuples africains. Comme on le sait, la politique marocaine en Afrique est le fruit d’un lien profond, culturel et humain, qui lie le peuple marocain aux peuples africains. Elle s’inscrit dans une tendance ancienne et nouvelle, fondée essentiellement sur la riche histoire africaine du Maroc, qui s’étend sur des millions d’années, et sur l’héritage humain commun entre le peuple marocain et les autres peuples africains. Le composant africain est considéré comme une partie essentielle de la civilisation marocaine selon le document constitutionnel, d’autant plus que le désir éternel du peuple marocain de soutenir les causes africaines et d’accompagner l’homme africain, tout en œuvrant à renforcer l’unité des peuples africains face aux défis sécuritaires, économiques, politiques et sociaux, constitue le cœur de l’appartenance marocaine à l’Afrique. C’est ce que Sa Majesté le Roi Mohammed VI a souligné dans son discours à l’occasion du 64ème anniversaire de la Révolution du Roi et du Peuple, le 20 août 2017, où il a déclaré que “l’orientation du Maroc vers l’Afrique n’a pas été une décision spontanée ni le résultat de calculs circonstanciels, mais un engagement envers cette histoire commune, et une conviction profonde en l’unité du destin. C’est aussi le fruit d’une réflexion profonde et réaliste gouvernée par une vision stratégique d’intégration à long terme, en vertu d’une approche progressive fondée sur le consensus. Notre politique continentale repose sur une connaissance précise de la réalité africaine.” Fin de la citation ; le Maroc a toujours été aux côtés de la volonté des peuples africains pour la liberté, l’indépendance, la souveraineté, la sécurité et la stabilité, ce qui en fait un partenaire fiable, idéal et privilégié pour de nombreux pays et peuples africains.

Le choix de Sa Majesté le Roi Mohammed VI du Sénégal, que ce dernier a appelé dans son discours royal “le cœur de l’Afrique”, pour annoncer sa volonté de ramener le Maroc à sa place naturelle et à son foyer africain, “l’Union africaine”, s’inscrit dans une vision stratégique aux contours clairs, définissant la nature de ses relations avec ses frères au sein de “la famille institutionnelle africaine”, fondées sur des principes nobles tirés de la vision royale éclairée sur les relations extérieures du Royaume et de la doctrine diplomatique marocaine ancienne qui se préserve d’interférer dans les affaires intérieures des pays et œuvre résolument à soutenir les causes des peuples africains, en adéquation avec les intérêts suprêmes du peuple marocain et la sécurité nationale du pays, selon des principes clairs dans le cadre d’une coopération gagnant-gagnant qui consacre de manière positive les mécanismes et les outils des relations interactives sur l’axe Sud-Sud.

Le Royaume du Maroc considère la République du Sénégal comme un prolongement naturel et un profondeur stratégique, ainsi qu’un champ vital qui garantit une part importante de ses orientations géopolitiques sur le continent africain, en raison de la nature des relations civilisationnelles particulières et distinctes qui unissent les deux peuples frères, marocain et sénégalais. Le Royaume du Maroc est le seul pays au monde qui garantit aux citoyens sénégalais le droit d’accéder à un emploi au Maroc sans avoir besoin d’un permis préalable, en plus d’un cadre particulier pour le peuple sénégalais frère. Le Sénégal, en retour, propose un ensemble de mesures incitatives pour assurer la stabilité de la communauté marocaine, définies par l’accord-cadre signé entre le Maroc et le Sénégal depuis plus de six décennies.

L’accord de résidence, signé à Dakar le 27 mars 1964, constitue le document référentiel qui a transféré les relations maroco-sénégalaises du domaine des liens affectifs à celui d’un cadre légal institutionnel très développé. Cet accord a été signé par le côté marocain par M. Ahmed Reda Kadira et du côté sénégalais par M. Doudou Thiam, ministre des Affaires étrangères sénégalais, en présence du regretté Roi Hassan II, que Dieu ait son âme, et du président sénégalais de l’époque, Léopold Sédar Senghor, posant ainsi les premières pierres du concept de “citoyenneté transfrontalière” en Afrique.

Cet accord accorde aux citoyens des deux pays des droits exceptionnels comprenant la liberté de circulation, de travail, de propriété, l’exercice de professions libérales, et l’accès aux fonction publiques, ce qui a intégré les deux communautés dans le tissu socio-économique local. La continuité de ces dispositions depuis l’époque du Roi Hassan II et du président Léopold Sédar Senghor jusqu’à l’ère de Sa Majesté le Roi Mohammed VI prouve la solidité de cet axe et sa capacité à surmonter les fluctuations politiques, transformant cet accord en un “pacte de sécurité” qui garantit la stabilité des investissements et la protection des intérêts humains des deux peuples frères dans un espace géopolitique unique. En même temps, les relations maroco-sénégalaises ne se limitent pas uniquement à des accords et des traités diplomatiques entre les responsables des deux côtés, mais elles reposent sur de vieilles relations ancrées dans le temps entre deux peuples frères unis par de nombreux liens civilisationnels communs qui font de la partenariat maroco-sénégalais un destin africain qui déterminera l’avenir du continent et influencera considérablement la position régionale dans toutes ses dimensions et son extension en Afrique de l’Ouest et dans la région du Sahel.

Le dimension spirituelle est un pilier fondamental du partenariat Rabat-Dakar, et cette relation tire sa force des racines soufies communes, parmi lesquelles la tariqa tijaniyya qui considère la ville de Fès comme son point de départ et comme un référentiel spirituel pour des millions de disciples au Sénégal. Dans ce cadre, la Fondation de l’Imamat des Croyants, sous la sage direction de l’Imam des Croyants, Sa Majesté le Roi Mohammed VI, contribue à renforcer ce patrimoine religieux grâce à la protection royale des centres soufis au Sénégal, et à fournir une formation scientifique et religieuse aux imams sénégalais à travers l’Institut Mohammed VI pour la formation des imams guide et des guideuses, ce qui met en avant les valeurs de modération et d’équilibre.

De plus, les deux pays œuvrent sous la houlette de la Fondation Mohammed VI des Oulémas africains à protéger l’identité islamique africaine des courants d’extrémisme et de radicalisation, transformant ainsi la diplomatie spirituelle marocaine en une force douce qui soutient la stabilité intellectuelle et sociale en Afrique de l’Ouest. Par conséquent, l’Imamat des Croyants demeure la garantie spirituelle qui renforce les liens affectifs entre les deux peuples, transformant le patrimoine religieux commun en un pont de communication civilisationnelle s’étendant à travers les générations, loin des tiraillements politiques passagers, et assurant que cette légitimité religieuse constitue un pare-feu qui protège l’unité du destin partagé.

La dimension sur le terrain de ce partenariat se manifeste par le fait que le Maroc se positionne en tête des investisseurs africains au Sénégal, la relation ayant évolué d’un simple échange commercial à une phase d’intégration des investissements productifs. Les institutions bancaires marocaines, telles que la Banque Centrale Populaire, le groupe Attijariwafa Bank et le groupe Bank of Africa, jouent un rôle moteur dans cette économie, en finançant des projets majeurs et en soutenant les petites et moyennes entreprises.

Dans le secteur de la sécurité alimentaire, le Groupe OCP se démarque comme un partenaire essentiel dans le développement de l’agriculture sénégalaise en fournissant des engrais appropriés et en soutenant les techniques agricoles modernes, tandis que le groupe Maroc Telecom contribue à la consolidation de l’infrastructure numérique. De plus, des groupes industriels et immobiliers, tels que “Cimaf” dans le secteur du ciment et “Addoha” dans le logement social, contribuent à juguler le déficit urbain et à créer des opportunités d’emploi pour les jeunes sénégalais, transformant ainsi les investissements marocains en un outil de développement humain et de dignité sociale.

Ce consensus diplomatique trouve sa traduction sur le terrain avec le lancement de projets d’intégration régionale, qui constituent aujourd’hui les outils principaux pour réaliser l’intégration économique et la durabilité dans la région. Les grands projets, notamment le gazoduc transafricain (Nigeria-Maroc), ne se limitent pas à des objectifs de développement technique, mais représentent des leviers essentiels de la diplomatie économique marocaine, plaçant le Sénégal au cœur de sa première phase d’exécution. Dakar joue un rôle stratégique en tant que maillon vital dans le raccordement énergétique, contribuant à assurer l’indépendance énergétique de l’Afrique de l’Ouest et ouvrant des perspectives pour une transformation industrielle sans précédent basée sur une énergie propre et durable.

Simultanément, l’initiative royale de permettre aux pays du Sahel d’accéder à la façade atlantique se présente comme un acte civilisateur qui dépasse le cadre géographique, cherchant à briser l’isolement structurel des pays frères (Mali, Niger, Burkina Faso et Tchad). Dans ce contexte, le Sénégal, grâce à son infrastructure portuaire développée et son emplacement géographique exceptionnel, se transforme en une plateforme logistique vitale et en un axe de connexion maritime et commerciale.

Cette vision ne vise pas seulement la construction de routes et de ports, mais s’emploie à concevoir un système régional nouveau qui confère au continent africain son indépendance décisionnelle, et renforce sa capacité à transformer les défis sécuritaires et humanitaires en opportunités d’instabilité et de prospérité. Par conséquent, l’axe Rabat-Dakar prouve qu’il est le véritable garant de la transformation de l’espace atlantique d’une “zone de passage” pour les matières premières en une zone de “croissance partagée” et de valeur ajoutée, protégé contre les convoitises impérialistes et construit sur des bases de solidarité africaine tangible.

Dans ce cadre, le choix atlantique-africain du Royaume du Maroc représente un projet civilisateur qui incarne la véritable réalisation de la vision royale éclairée de la politique marocaine en Afrique, centrée sur le développement durable des peuples africains comme un objectif suprême, basé sur une approche “gagnant-gagnant”. C’est un projet unique qui renforce les liens entre les peuples africains et s’inscrit au cœur des politiques continentales appelant à l’intégration économique et à la coopération constructive entre tous les pays du continent pour valoriser leurs richesses et protéger leurs ressources contre les politiques coloniales et les convoitises de certaines puissances qui aspirent à leur passé impérial odieux basé sur le pillage, l’exploitation et l’asservissement des ressources des peuples africains.

De ce point de vue, la force de l’axe Rabat-Dakar se manifeste dans la capacité des décideurs des deux pays à réduire les disparités sportives et à traiter les parcours dans leurs dimensions techniques pures, considérant ce qui s’est passé lors de la finale de la « CAN » comme un tribut à la concurrence sportive intense qui doit être gérée uniquement au sein des instances de la Confédération africaine de football et des institutions concernées. Malgré les scènes regrettables qui ont entouré ce match et les injustices sportives manifestes que l’équipe marocaine a subies, affectant le cours de la compétition équitable, la sagesse exige de continuer à préserver la coopération stratégique dans les domaines politique, économique, développemental et sécuritaire.

Par conséquent, cette prise de conscience stratégique contribue à éviter que les imperfections sportives ou la mauvaise gestion des institutions footballistiques ne soient utilisées comme outils pour troubler les voies d’intégration et de coopération entre les deux pays frères, et souligne que le partenariat maroco-sénégalais possède une maturité historique suffisante pour trier les parcours et garantir que les grandes questions communes demeurent au-dessus de toute considération concurrentielle passagère. Ainsi, il apparaît clairement que la force du “destin commun” reste plus solide qu’un coup de sifflet injuste d’un arbitre ou que l’excitation d’un joueur ou le comportement malheureux d’un entraîneur imprévisible dans un moment d’enthousiasme continental, ce qui fait de la protection des intérêts suprêmes des deux peuples une priorité qui prévaut sur les crises des terrains et les contradictions de la “CAF”.

Dans une manifestation concrète de la solidité de cet axe stratégique, la conversation téléphonique entre le chef du gouvernement Aziz Akhannouch et son homologue sénégalais Ousmane Sonko, le 21 janvier 2026, représente un symbole politique fort affirmant la continuité de l’élan diplomatique et la robustesse des liens historiques. Cette communication a débouché sur un accord décisif pour la tenue de la 15ème session de la Commission mixte supérieure et du Forum des affaires à Rabat à la date prévue, reflétant une volonté déterminée d’institutionnaliser le partenariat sous le patronage royal de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et de Son Excellence le président Bassey Diumaye Faye, plaçant les intérêts suprêmes en premier plan.

Cet élan diplomatique proactif démontre que les relations entre Rabat et Dakar possèdent une immunité interne contre les fluctuations conjoncturelles, les deux pays ayant réussi à hisser les objectifs stratégiques et l’intégration économique au rang de questions supérieures, dépassant les querelles passagères. La tenue de cette commission à son moment précis représente la réponse institutionnelle la plus forte qui consacre le principe de séparation des parcours, et souligne que le discours des projets structurants est celui qui conduit la locomotive du futur, faisant de l’axe Rabat-Dakar un modèle unique dans la gestion des relations internationales basées sur la confiance mutuelle et l’engagement historique.

À la lumière de ce qui précède, la diplomatie marocaine, sous la conduite de M. Nasser Bourita, joue un rôle central en tant que bras exécutif pour la mise en œuvre rigoureuse de la vision royale éclairée en Afrique, apportant une dynamique, du réalisme et une sérénité dans la gestion des grands enjeux stratégiques. Les services du ministère des Affaires étrangères travaillent à transformer les orientations royales en initiatives concrètes sur le terrain, visant à renforcer l’intégration continentale et à protéger les intérêts supérieurs du Royaume et de ses partenaires, en tête desquels la République sœur du Sénégal.

Dans cette dynamique diplomatique, le rôle central joué par l’ambassadeur Hassan Nasiri, fondé sur une expérience diplomatique étendue dans les affaires africaines et un long parcours professionnel, se démarque. L’ambassadeur, aux côtés de l’équipe diplomatique et des autres services extérieurs à Dakar, s’emploie à mettre en œuvre la vision royale éclairée par l’accompagnement pratique des projets stratégiques et la coordination de la communication continue entre les acteurs de Rabat et de Dakar. Ces actions contribuent ainsi à renforcer la confiance entre les institutions économiques et politiques des deux pays, soutenant ainsi la stabilité de l’axe Rabat-Dakar.

Ce cadre favorise la position du Royaume du Maroc en tant que puissance régionale fiable, capable d’ingéner des solutions novatrices face aux problématiques continentales, loin des schémas traditionnels de coopération. Ce rendement remarquable constitue la garantie souveraine de la pérennité des projets structurants, transformant l’axe Rabat-Dakar en une véritable locomotive de développement et de leadership dans l’espace atlantique.

En conclusion, le Royaume du Maroc, avec ses racines profondément ancrées dans l’histoire humaine, fait partie intégrante du continent africain, et constitue une porte atlantique et méditerranéenne pour l’Afrique, non seulement par sa situation géographique, mais également par le destin et l’avenir commun qui l’unissent à ses frères dans le continent. La dynamique diplomatique actuelle confirme que les relations maroco-sénégalaises sont en passe d’entamer une nouvelle phase, caractérisée par une force et une intégration renforcées pour faire face aux défis du XXIe siècle, au service des intérêts des deux peuples frères.

À cet égard, les forces du mal dans la région ont échoué de manière retentissante dans leurs efforts désespérés pour semer la discorde dans ces liens exceptionnels, prouvant que la prise de conscience des dirigeants et des institutions à Rabat et Dakar a rendu la fraternité maroco-sénégalaise imperméable à toutes les conspirations et perturbations temporaires. Ainsi, cet axe historique demeure un phare de l’intégration continentale et un modèle à suivre en matière de fidélité et de coopération conjointe, confirmant que la locomotive du développement dirigée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu le préserve, avance avec fermeté et clarté vers l’atteinte de la souveraineté et de la prospérité pour tous les peuples africains.

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