Une crise politique éclate autour du ministre de la Santé : un contrat de robots chirurgicaux à 40 millions de dirhams sous le radar du Parlement.

Le député Mustafa Ibrahimi a suscité une nouvelle polémique concernant les contrats d’équipement du Centre Hospitalier Universitaire Ibn Sina à Rabat, en posant une question orale à Khalid Aït Taleb, ministre de la Santé et de la Protection sociale, au sujet de l’acquisition d’appareils de chirurgie robotique d’une valeur d’environ 39,6 millions de dirhams.
Dans sa question adressée par l’intermédiaire de la présidence de la Chambre des représentants du Maroc, le député a fait état de possibles irrégularités dans la procédure des appels d’offres relatifs à l’acquisition de ces équipements médicaux, estimant que le montant estimatif du contrat est élevé par rapport à d’autres robots chirurgicaux disponibles sur le marché, de qualité similaire et à des prix inférieurs pouvant atteindre près de 20 millions de dirhams, que des établissements de santé publics et privés au Maroc ont déjà acquis.
Le parlementaire a également soulevé la question de ce qu’il a qualifié de « spécifications techniques détaillées dans le cahier des charges » qui correspondent presque aux caractéristiques d’un robot chirurgical fabriqué par une entreprise américaine réputée pour ses produits onéreux, ce qui pourrait limiter, selon lui, le principe de concurrence entre les entreprises spécialisées dans les équipements médicaux, malgré l’existence d’autres robots chirurgicaux accrédités internationalement et répondant aux normes de qualité et de sécurité.
Parmi les points abordés dans la question parlementaire figuraient également le coût élevé des fournitures nécessaires à chaque opération chirurgicale utilisant ce type de robots, qui pourrait atteindre 35 000 dirhams par opération, contre environ 13 000 dirhams dans d’autres systèmes. Le député estime que cette différence pourrait faire augmenter le coût total de l’opération chirurgicale entre 60 000 et 100 000 dirhams, ce qui pourrait peser sur le budget des hôpitaux publics et des fonds d’assurance maladie, sans compter les charges financières que cela pourrait représenter pour les patients.
Il a aussi souligné la limitation du nombre de médecins spécialisés en chirurgie robotique dans le secteur public, ce qui se répercute, selon ses données, sur l’efficacité de ces équipements, le nombre d’opérations réalisées dans certains hôpitaux universitaires ne dépassant pas une ou deux par mois, contre plus d’une opération par jour dans le secteur privé.
Dans ce contexte, le député a demandé au ministère de la Santé de clarifier les raisons de la définition de ces spécifications techniques, et s’il comptait ouvrir une enquête sur les irrégularités potentielles liées au respect des principes de concurrence et à la rationalisation des dépenses publiques, en plus de dévoiler son plan pour former un plus grand nombre de chirurgiens en chirurgie robotique, afin de garantir un accès élargi à cette technologie médicale moderne tout en préservant l’équilibre financier du système de santé.




