Washington refuse de délivrer un visa à Mahmoud Abbas pour assister aux réunions de l’Assemblée générale des Nations Unies.

Les États-Unis ont, pour la deuxième année consécutive, refusé d’accorder un visa à Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, pour participer aux réunions de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York la semaine prochaine, selon une source bien informée.
De son côté, l’Autorité palestinienne a rejeté cette décision, la qualifiant de « mesure injustifiée ».
Dans ce contexte, un communiqué du département d’État américain a annoncé que « les États-Unis prolongeront les sanctions interdisant la délivrance de visas aux membres de l’Organisation de libération de la Palestine et aux responsables de l’Autorité palestinienne, en raison de leur incapacité à réaliser les réformes promises aux États-Unis, ainsi que la poursuite de leurs activités nuisibles aux perspectives de paix ».
Une source proche du dossier a confirmé à l’agence France Presse mercredi que le président palestinien est concerné par cette décision.
L’administration Trump avait pris une mesure similaire l’année précédente, contraignant Mahmoud Abbas, qui participe habituellement aux réunions de l’Assemblée générale des Nations Unies, à prononcer son discours par lien vidéo.
Washington accuse Abbas de « ne pas respecter ses engagements visant à parvenir à la paix au Moyen-Orient », évoquant des « actions qui compromettent » ce processus et qui visent à « internationaliser le conflit israélo-palestinien, notamment à travers la Cour pénale internationale et la Cour internationale de Justice ».
L’Autorité palestinienne est accusée de « chercher à contourner les négociations en demandant une reconnaissance unilatérale, et de continuer à verser des allocations à des terroristes tout en glorifiant la violence et les actes terroristes dans ses déclarations publiques et dans les manuels scolaires », selon le communiqué.
Ainsi, les États-Unis adoptent une position différente de celle de nombreux pays, y compris la France, qui a reconnu l’année dernière à l’ONU l’existence d’un État palestinien, soutenue par 142 États membres à l’issue de la conférence consacrée à la solution à deux États, co-présidée par la France et l’Arabie saoudite.
-« Une mesure injustifiée »-
Le ministère des Affaires étrangères palestinien a exprimé jeudi son « rejet de la décision », déclarant qu’elle constitue « une mesure injustifiée qui va à l’encontre des efforts déployés pour restaurer la confiance, développer les relations palestino-américaines, et créer un climat politique propice à la mise en œuvre de la solution à deux États et à l’instauration de la paix et de la stabilité dans la région ».
Le ministère a affirmé que « la reconnaissance internationale de l’État de Palestine n’est pas un substitut aux négociations, mais constitue une reconnaissance du droit inaliénable du peuple palestinien à l’autodétermination et à la concrétisation de son État indépendant, et un soutien à l’atteinte d’une paix juste sur la base de la solution à deux États et du droit international ».
Il a souligné que « les mesures punitives et les restrictions imposées aux responsables palestiniens ne contribuent ni à promouvoir la paix ni à lutter contre la violence, mais affaiblissent le partenaire palestinien engagé dans la solution politique et encouragent les forces qui tentent de saper la solution à deux États et d’imposer par la force des réalités d’occupation, de colonisation et d’annexion ».
Cette situation intervient à un moment où la violence perpétrée par des colons israéliens contre des Palestiniens se multiplie en Cisjordanie occupée ces derniers mois.
Israël occupe la Cisjordanie depuis 1967, et la violence a augmenté depuis l’attaque du mouvement Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza.
La communauté internationale a exprimé son inquiétude face à ces actes de violence, mais les États-Unis ont largement fait preuve de réserve sur le sujet, se contentant de déclarer que le gouvernement américain s’oppose à toute annexion des territoires palestiniens.




