La Fédération Nationale des Travailleurs Agricoles dénonce l’indifférence du gouvernement envers la situation d’un million de travailleurs et appelle à mettre fin à la discrimination salariale.

La Confédération nationale des travailleurs agricoles, relevant de l’Union nationale du secteur agricole affiliée à l’Union marocaine du travail, a dénoncé l’ignorance par le gouvernement de la situation d’environ un million de travailleurs agricoles, qui vivent avec leurs familles sous le seuil de pauvreté, dans un contexte de persistance des discriminations salariales et des heures de travail, ainsi que d’une recrudescence des violations du droit du travail et de la sécurité sociale, sans oublier la répression des libertés syndicales.
Dans un communiqué émis par son bureau national élargi en date du 25 octobre, le syndicat a exprimé son mécontentement face à l’absence d’évoquer l’annulation de la discrimination salariale entre les travailleurs agricoles et leurs homologues d’autres secteurs dans le programme gouvernemental, malgré la mention de ce principe dans le Code du travail depuis 2003 et les accords conclus lors des rounds de dialogue social en 2011 et 2022.
Le syndicat a réitéré son refus de la loi n° 32-26, considérant qu’elle institutionnalise la discrimination entre les travailleurs et les gardiens employés dans des entreprises de sécurité privée et d’autres employés, y compris les travailleurs agricoles qui exercent des fonctions de gardiennage.
Il a aussi appelé les ministres du Travail et de l’Agriculture, de la Pêche maritime et de la souveraineté alimentaire à assumer leurs responsabilités sectorielles et à œuvrer pour la mise en œuvre de l’engagement de l’État et des employeurs dans le secteur agricole en matière d’élimination des disparités entre le salaire minimum dans le secteur agricole et celui des autres secteurs, ce d’ici 2028.
Dans un contexte lié, le syndicat a réaffirmé son soutien aux luttes des travailleuses et travailleurs agricoles dans plusieurs régions, institutions, exploitations agricoles et stations d’emballage, notamment à Berkane, Béni Mellal, Kénitra, Sidi Slimane, Ouled Taïma et Chichaoua, ainsi que d’autres lieux, en soulignant son soutien aux travailleurs affectés par les conditions de travail et les conflits sociaux, ainsi que par les conséquences des difficultés rencontrées par certaines entreprises exploitant des terres agricoles publiques.
Sur le plan organisationnel, le syndicat a appelé ses branches à se mobiliser pour garantir le succès de son quatrième congrès national, prévu pour le samedi 5 décembre 2026, au siège de l’Union marocaine du travail à Rabat, sous le slogan : « Une organisation syndicale forte et une lutte unie pour obtenir des revendications et mettre fin à la discrimination contre les travailleuses et travailleurs agricoles ».
Il a également exhorté la direction de l’Union nationale du secteur agricole et ses branches à poursuivre leurs efforts pour réussir le congrès, afin de renforcer l’unité des travailleurs agricoles et leur adhésion à leur syndicat national.




