La commission permanente de la sécurité routière à Rabat présente son nouveau bilan : 4160 morts dans des accidents de la route.

Le pays.ma
Dans une ambiance officielle marquée par un langage aux élégantes formules, s’est tenu à Rabat une réunion de la commission permanente de la sécurité routière, non pas pour présenter des excuses aux familles des victimes, mais pour faire état d’un « nouveau progrès » à ajouter au bilan de la sécurité routière dans le royaume : 4160 morts en seulement onze mois de l’année 2025.
Ce chiffre, qualifié dans le communiqué d’ »indicateur », et non de catastrophe, décrit un « taux en hausse », et non d’une hémorragie continue, comme s’il s’agissait d’un indicateur économique positif ou d’une augmentation des exportations, plutôt que de vies marocaines perdues sur le bord de la route.
La réunion, qui a eu lieu en « temps délicat », n’a pas hésité à annoncer une augmentation du nombre de tués de 25,7 %, ainsi qu’une hausse des blessures graves à 9560 cas, avant de passer avec aisance à la discussion sur « une véritable opportunité pour rectifier les déséquilibres », comme si des milliers de victimes n’étaient qu’une étape expérimentale dans le processus de planification.
Entre l’évaluation de la stratégie 2017-2026 et la préparation de la stratégie 2026-2030, il semble que les routes marocaines fonctionnent selon un principe de continuité :
Continuité des accidents, continuité des chiffres, et continuité des réunions.
Quant au citoyen, son rôle est clair dans cette stratégie :
Être un chiffre dans les statistiques, une image dans un communiqué, ou un nom cité lors d’un deuil… jusqu’à la prochaine réunion.
La sécurité routière, semble-t-il, demeure un projet reporté,
tandis que la mort sur les routes… est présente, efficace, et s’affiche avec des chiffres records.




