Le Premier ministre sénégalais s’écarte des conventions diplomatiques en commentant des décisions marocaines.

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a suscité un large débat avec des déclarations qualifiées de sorties des limites de la décence diplomatique, à la suite du jugement rendu au Maroc à l’encontre de 18 supporters sénégalais condamnés pour avoir envahi le terrain lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations de football.
Un tribunal marocain a condamné neuf supporters à un an de prison ainsi qu’à une amende de 5000 dirhams, tandis que six autres ont écopé de six mois d’emprisonnement et d’une amende de 2000 dirhams. Trois personnes ont été condamnées à trois mois de détention et à une amende de 1000 dirhams, après avoir été poursuivies pour des charges liées à la violence envers les forces de l’ordre et aux dommages matériels.
Lors d’une séance de questions parlementaires, Sonko a estimé que cette affaire « dépassait les limites du sport », ajoutant que ce qui s’était passé « ne convenait pas à l’amitié » qui unit les deux pays, ses propos semblant critiquer directement les autorités marocaines et leur gestion du dossier.
Il a également déclaré que le traitement réservé par le Maroc à cette affaire « ne valorisait pas » les relations bilatérales, exprimant l’espoir d’un intervention du roi du Maroc pour accorder une grâce aux supporters, et évoquant la possibilité d’activer un accord bilatéral permettant le transfert de prisonniers entre les deux pays si nécessaire.
Ces déclarations interviennent dans le contexte d’une finale marquée par de fortes tensions, tant sur le terrain qu’aux tribunes, où plusieurs supporters sénégalais ont tenté d’envahir le terrain pendant près de 15 minutes, ce qui a nécessité une intervention policière et conduit à l’arrestation des personnes impliquées.
Des observateurs estiment que le ton du Premier ministre sénégalais pourrait être perçu comme une pression politique sur le cours judiciaire, ce qui pourrait avoir des répercussions sur les relations diplomatiques entre Rabat et Dakar, surtout compte tenu des liens historiques et économiques étroits entre les deux pays.




