Fonds monétaire international : Mondial 2030, opportunité en or ou risque d’endettement ? Le Maroc entre espoir et menace.

Le Fonds monétaire international a indiqué dans son dernier rapport que le Maroc a réalisé des progrès notables dans l’amélioration de son infrastructure au cours des deux dernières décennies, mais que d’importantes lacunes persistent, nécessitant davantage d’investissements pour répondre aux besoins croissants des citoyens.
Le rapport aborde également les grands projets liés à la Coupe du Monde 2030, soulignant qu’ils pourraient contribuer à la croissance économique, à condition qu’ils soient mis en œuvre de manière efficace et sans dépassement budgétaire.
Parallèlement, le Fonds a averti que si les coûts de ces projets dépassaient le budget prévu, cela exercerait des pressions supplémentaires sur les finances publiques et entraînerait une aggravation de la dette sans réaliser de gains tangibles en matière de productivité.
### Lacunes infrastructurelles : un besoin urgent d’investissement
Le rapport souligne que l’infrastructure est une composante essentielle de la stratégie de développement marocain, grâce à un investissement public durable qui a permis d’élargir les réseaux dans les domaines des transports, de l’énergie et des communications.
Cependant, le FMI a noté que les pressions structurelles, telles que la croissance démographique, l’expansion urbaine rapide et la demande accrue de services, mettent en lumière la nécessité d’investissements supplémentaires pour combler les lacunes existantes.
Il a également ajouté qu’une augmentation de l’investissement dans l’infrastructure d’environ 1 % du produit intérieur brut pourrait conduire à une hausse de la productivité de 4 % à long terme.
### Projets de la Coupe du Monde 2030 : prêts et risques financiers
Le rapport traite également des projets d’infrastructure liés à la Coupe du Monde 2030, englobant les chemins de fer, les autoroutes, les stades et les aéroports.
Le budget de ces projets est estimé à environ 190 milliards de dirhams, soit 11,9 % du produit intérieur brut prévu pour 2024. Environ 67 % de ce budget est financé par des prêts nationaux, 17 % par un financement extérieur, tandis que les obligations nationales contribuent à hauteur de 9 %, et les fonds des entreprises publiques à environ 7 %.
Cependant, le rapport indique qu’une part importante de ces investissements ira à l’importation d’équipements, ce qui signifie que l’impact de ces projets sur la production locale sera limité, 60 % des dépenses étant consacrées aux importations, renforçant ainsi la faiblesse de l’effet de ces investissements sur l’économie nationale.
### Augmentation de la dette et déficit budgétaire : gains durables ou piège ?
Concernant l’impact des projets sur l’économie, le Fonds monétaire international a établi deux scénarios. Le premier envisage que ces projets puissent générer des gains durables en termes de productivité et de croissance à long terme, mais entraîneraient un endettement public accru et un déficit budgétaire.
Selon ce scénario, le produit intérieur brut devrait augmenter de 2 % jusqu’en 2030, atteignant environ 3 % par la suite, tandis que le déficit budgétaire augmenterait en moyenne de 1,2 % du PIB durant la période 2024-2030.
Le scénario alternatif met en garde contre le fait qu’une mauvaise efficacité des dépenses ou un dépassement budgétaire pourrait accroître la dette publique sans amélioration de la productivité, engendrant un ralentissement temporaire des investissements privés et une légère augmentation de l’inflation.
### Risques associés aux dépassements budgétaires
Ce qui est le plus alarmant dans le rapport est l’avertissement selon lequel un dépassement de la budget des grands projets de 30 % pourrait accroître la dette publique d’un supplément de 3 % du produit intérieur brut d’ici 2034, sans aucune amélioration de la croissance économique.
Par conséquent, le FMI appelle à un renforcement du contrôle sur ces projets, distribuant le budget par phases pour éviter tout dépassement, en intégrant également les coûts d’entretien dans les prévisions futures.
### Synthèse du rapport : de grandes opportunités et de grands défis
En conclusion, le Fonds monétaire international a affirmé que le Maroc a fait des avancées significatives dans le développement de son infrastructure, notamment dans les secteurs des ports et des technologies numériques. Cependant, d’importantes lacunes demeurent dans d’autres domaines tels que l’électricité et les routes.
Le rapport a souligné que les grands projets prévus entre 2024 et 2030 pourraient améliorer durablement la productivité s’ils sont réalisés de manière efficace et dans les limites budgétaires. Toutefois, si ces contraintes sont dépassées, le Maroc pourrait faire face à des conséquences financières difficiles, entravant le progrès du pays à long terme.




