La Confédération des Pharmaciens du Maroc demande au gouvernement de clarifier sa position sur l’ouverture du capital des pharmacies.

La Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc a adressé une correspondance officielle au chef du gouvernement marocain, dans laquelle elle exige des clarifications sur la position du gouvernement au sujet de la recommandation du Conseil de la concurrence concernant l’ouverture du capital des pharmacies aux investisseurs. Cette recommandation a suscité un large débat et un rejet significatif parmi les pharmaciens à travers le pays.
La confédération a précisé que cette démarche fait suite aux réactions des professionnels lors des consultations avec le Conseil de la concurrence, où les différentes représentations pharmaceutiques ont exprimé leur opposition ferme à cette approche, comme en témoigne la manifestation nationale organisée le 9 avril 2026 devant le siège du Conseil.
Dans sa lettre, l’organisation professionnelle a affirmé que la recommandation d’ouvrir le capital des pharmacies « ne repose pas sur des bases objectives », considérant que les problèmes rencontrés par le secteur sont principalement dus au retard dans la mise en œuvre des réformes convenues avec le ministère de la Santé et de la Protection sociale depuis avril 2023, et non à la nature du modèle actuel.
La confédération a insisté sur le fait qu’une réforme du secteur est possible dans le cadre existant, par l’activation des lois en vigueur et le développement de la pratique professionnelle, tout en préservant l’autonomie du pharmacien ainsi que son rôle sanitaire et social, notamment en ce qui concerne l’accès aux médicaments et la sécurité pharmaceutique nationale.
Elle a également mis en garde contre les conséquences de l’ouverture du capital des pharmacies, en citant des expériences internationales ayant révélé des impacts négatifs sur la stabilité du système de santé, tels que la concentration du marché, des déséquilibres dans la distribution géographique des pharmacies, et des répercussions sur les prix et la qualité des services.
En conclusion de sa correspondance, la confédération a appelé le gouvernement à clarifier sa position par écrit sur ce dossier, ainsi qu’à expliciter l’avenir des réformes convenues, réaffirmant sa disposition à participer à toute réforme collaborative qui respecte la spécificité de la profession et qui serve l’intérêt des citoyens.




