Art & Culture

Le Festival de Cannes débute mardi avec sa 79e édition.

La 79e édition du Festival de Cannes commence ce mardi soir et s’étendra sur dix jours, durant lesquels 22 films concourront pour la Palme d’Or, succédant à « C’était un accident » du réalisateur iranien Jafar Panahi, lauréat de l’année dernière.

Le réalisateur sud-coréen Park Chan-wook, président du jury composé de l’actrice américaine Demi Moore et de la réalisatrice chinoise Chloé Zhao, a déclaré à l’Agence France-Presse lundi : « Les prix doivent être décernés à des œuvres dont l’impact perdure pendant cinquante ou cent ans. »

Ce réalisateur, premier Coréen du Sud à présider le jury du festival, a exprimé son désir de récompenser les œuvres en se basant uniquement sur leur « valeur », sans tenir compte de la nationalité ou de l’idéologie politique.

Le délégué général du festival, Thierry Frémaux, a précisé lors d’une conférence de presse : « On demande souvent au festival d’assumer un rôle, de s’occuper de questions qui ne le concernent pas directement », ajoutant que le festival ne devrait pas s’impliquer dans la politique, sauf pour défendre le modèle culturel français.

— Une place pour les femmes —

Lors de la cérémonie d’ouverture attendue mardi soir, le réalisateur néo-zélandais Peter Jackson recevra une Palme d’Or d’honneur.

Frémaux a souligné que le cinéaste, connu pour la trilogie « Le Seigneur des anneaux », qui n’a jamais eu d’œuvre inscrite dans les sélections officielles du festival, « a opéré un changement radical et durable dans le cinéma hollywoodien et dans sa conception de l’art de la mise en scène ».

Parmi les temps forts de cette soirée figure également une performance des chanteuses françaises Théodora et Oklou, qui interpréteront une chanson du groupe The Beatles, chéri par Jackson. Le public pourra ensuite visionner le film « La Venus electrique » du réalisateur français Pierre Salvadori, avec Biow Marmaï et Anaïs Demoustier.

Après l’affichage de l’affiche officielle sur la façade du Palais des Festivals, le tapis rouge sera déployé sur les marches du bâtiment.

L’affiche représentant les personnages de Thèrmine et Louise (interprétés par les actrices Geena Davis et Susan Sarandon) du film de Ridley Scott a suscité la colère du groupe féministe 50/50.

Le groupe a dénoncé l’image de l’affiche, la qualifiant de « marketing trompeur pour le féminisme », notant que seules cinq réalisatrices ont vu leurs films sélectionnés dans la compétition officielle qui compte 22 œuvres.

— Un film sur Samuel Paty —

Lors de la conférence de presse, Frémaux a déclaré : « Il ne faut en aucun cas adopter un système de quotas », soulignant l’importance de respecter le principe d’égalité dans « les jurys et les instances ».

34 % des œuvres figurant dans la sélection officielle du festival proviennent de réalisatrices (contre 25 % en 2025).

Frémaux a estimé que parvenir à l’égalité des genres prendra du temps, malgré l’augmentation de la représentation des femmes dans le cinéma émergent, comme en témoigne le choix des films courts (38 % d’entre eux réalisés par des femmes).

À la veille du festival, environ 600 acteurs et professionnels du cinéma ont signé une pétition publiée dans le quotidien « Libération », dénonçant « l’influence croissante de l’extrême droite » sur le cinéma à travers le milliardaire Vincent Bolloré.

Les signataires, parmi lesquels les acteurs Swan Arlaud et Juliette Binoche, le producteur Rémi Bonhomme et le réalisateur Arthur Arari, ont indiqué que le groupe Canal+, dont Bolloré détient la majorité des actions, « a acquis 34 % du capital de OGC, la troisième plus grande chaîne de salles de cinéma en France, avec des prévisions d’acquisition de l’intégralité des actions d’ici 2028 ».

Les projections commenceront mercredi avec « Nagi Diary » du réalisateur japonais Koji Fukada, premier film en compétition officielle. Il sera suivi de « La vie d’une femme » de la réalisatrice Charlène Bourgeois-Tacquet, avec Léa Drucker et Mélanie Thierry.

En hors-compétition, le film « L’Abandon », centré sur les derniers jours du professeur d’histoire et de géographie Samuel Paty, tué dans une attaque par un jeune extrémiste tchétchène en France en 2020, sera projeté mercredi soir, le rôle étant interprété par Antoine Reinartz.

Sa sœur, Mickaël Paty, a participé à l’écriture du scénario et est attendue sur le tapis rouge du festival.

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