Société

La Fédération Nationale de la Presse Marocaine alerte sur une crise croissante menaçant la liberté de presse et l’indépendance professionnelle.

La Syndicat national de la presse marocaine a tiré la sonnette d’alarme sur les conditions de travail dans le secteur de la presse et des médias au Maroc, mettant en garde contre des défis croissants affectant la liberté d’expression et l’indépendance du travail journalistique, en raison de transformations numériques rapides et de déséquilibres juridiques, professionnels et sociaux qui impactent l’avenir de la profession.

Ces avertissements ont été formulés lors de la présentation du rapport du syndicat sur la liberté de la presse et la situation des journalistes, le jeudi 21 mai 2026. Le syndicat a exprimé son inquiétude face à ce qu’il considère comme un recul des garanties démocratiques régissant le secteur, critiquant la continuité du gouvernement dans l’adoption d’un projet de loi visant à réorganiser le Conseil national de la presse sans réelle consultation des entités professionnelles, syndicales et des droits de l’homme.

Le rapport souligne que la révolution numérique, bien qu’elle offre de nouvelles opportunités de communication et de publication, a aussi favorisé la propagation de fausses informations et de contenus trompeurs, ce qui a eu un impact négatif sur la qualité du débat public et la confiance des citoyens envers les médias.

Le syndicat estime que la crise que traverse le secteur ne se limite pas à la fragilité des entreprises médiatiques ou à des pratiques professionnelles, mais reflète également l’absence de réformes législatives et institutionnelles profondes capables de suivre les transformations rapides et de garantir l’indépendance de la presse ainsi que la protection de la liberté d’expression.

Concernant le projet de réforme du Conseil national de la presse, le syndicat a exprimé son rejet de la manière dont le projet de loi a été élaboré, considérant que l’ignorance des observations des acteurs professionnels a contribué à approfondir la crise de confiance au sein du milieu médiatique et a affaibli le principe de l’auto-régulation de la profession.

De plus, le syndicat a souligné que la formule proposée pour la réforme s’éloigne, selon ses mots, des principes de pluralité, de transparence et d’indépendance, par rapport à des expériences internationales ayant renforcé l’autonomie des instances régulatrices, en particulier dans les pays en transition démocratique.

En ce qui concerne le climat des libertés, le syndicat a exprimé ses craintes quant à un retour des poursuites judiciaires contre les journalistes en vertu du code pénal pour des affaires liées à la publication et à la presse, considérant que cette tendance représente une escalade contre le corps journalistique et a des répercussions négatives sur l’environnement professionnel.

Bien qu’aucun cas d’arrestation de journalistes n’ait été enregistré cette année, ce qui a contribué à améliorer le classement du Maroc dans les indicateurs de liberté de la presse, le syndicat a appelé à une révision des lois régissant le secteur, en accord avec les principes de liberté d’expression et les normes démocratiques, demandant également l’abandon des poursuites en cours contre plusieurs journalistes.

Le rapport a mis en lumière la précarité des conditions sociales des travailleurs du secteur, signalant la faiblesse des salaires, l’absence de protection sociale adéquate, et la prolifération des contrats précaires, des facteurs qui ont poussé un certain nombre de professionnels à quitter le métier ou à se diriger vers d’autres secteurs, tant au Maroc qu’à l’étranger.

Le syndicat a affirmé que l’amélioration des conditions des journalistes constitue un point d’entrée essentiel pour relancer le journalisme national et construire un paysage médiatique professionnel et indépendant capable de suivre les évolutions numériques et technologiques.

Le rapport a également abordé la situation des journalistes femmes, notant la persistance des manifestations de discrimination et de stéréotypage au sein des institutions médiatiques, ainsi que le ciblage dont certaines d’entre elles sont victimes via des campagnes de diffamation.

Le syndicat a indiqué mener une lutte pour l’adoption de législations protégeant les journalistes contre le harcèlement et l’exploitation, tout en renforçant l’éthique professionnelle et en fournissant un soutien juridique et psychologique aux victimes, tout en soulignant la persistance d’une faible représentation des femmes dans les postes décisionnels au sein des institutions médiatiques malgré leur présence croissante dans le secteur.

En conclusion de son rapport, le Syndicat national de la presse marocaine a réaffirmé que l’édification d’un journalisme national fort et indépendant est une pierre angulaire pour ancrer la démocratie et servir l’intérêt général, appelant à un grand chantier de réforme du secteur basé sur le soutien aux entreprises médiatiques, l’amélioration des conditions sociales et professionnelles des journalistes, le renforcement de l’éthique professionnelle, et la mise en place d’une organisation autonome indépendante garantissant l’indépendance des décisions professionnelles.

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