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Où vont les fonds d’aide directe ? L’alimentation absorbe la majeure partie et les familles réclament des emplois.

60 % des bénéficiaires sont prêts à renoncer à l’aide en échange d’un travail : des données nouvelles révèlent la réalité des familles vulnérables au Maroc

La National Agency for Social Support, dans son rapport annuel pour l’année 2025, a révélé que 60 % des familles bénéficiant d’une aide sociale directe se déclarent prêtes à abandonner ce soutien si elles obtiennent une opportunité d’emploi stable, tandis que 40 % des bénéficiaires soulignent leur besoin d’accompagnement et d’intégration professionnelle pour accéder au marché du travail ou lancer des activités génératrices de revenus.

Ces données interviennent alors que le gouvernement a récemment suscité un débat sur l’impact de l’aide sociale sur l’engagement dans le travail. Certains responsables ont estimé que la crainte de certaines familles de perdre cette aide pourrait contribuer à l’augmentation des taux de chômage.

Le rapport met en lumière que l’aide financière destinée aux familles est principalement allouée à la couverture des besoins essentiels, 58,6 % des montants perçus étant consacrés à l’alimentation, suivis par les dépenses de logement (13,3 %), la santé (13,2 %) et l’éducation (7 %), tandis que le taux d’épargne ne dépasse pas 1 %.

Concernant l’accès au programme, le taux cumulé des demandes acceptées s’élève à environ 91,9 %. Les cas de refus sont principalement dus à une amélioration de la situation sociale et économique des familles ou à la perte des conditions d’éligibilité, 61 % des refus étant liés à un changement de la situation sociale et 42 % à un changement de la situation professionnelle de l’un des conjoints, tandis que 19 % d’entre eux sont dus à un dépassement du seuil d’éligibilité.

Les données de l’agence révèlent l’existence de catégories sociales vivant dans des conditions fragiles, parmi lesquelles plus de 584 000 femmes âgées vivant seules en situation d’isolement social, ainsi qu’environ 157 000 personnes sans soutien. La base des bénéficiaires comprend près de 965 000 familles formées de couples âgés, principalement en milieu rural, qui font face à des difficultés liées à la santé, aux revenus et à la mobilité.

En revanche, la catégorie des bénéficiaires inclut plus de 1,2 million de jeunes familles qui nécessitent un accompagnement pour surmonter la vulnérabilité, ainsi qu’environ un million d’autres familles confrontées à des charges croissantes liées à la scolarisation des enfants et aux exigences de la vie quotidienne.

Le rapport indique que les allocations destinées à la protection de l’enfance représentent 64,2 % de l’ensemble des ressources mobilisées, soit une valeur de 32,7 milliards de dirhams, en faveur de 2,45 millions de familles comprenant 5,5 millions d’enfants âgés de 0 à 21 ans.

Les données montrent également que 68 % des enfants bénéficiaires âgés de 6 à 21 ans continuent leurs études, tandis que 31 % ont abandonné l’école, ce qui souligne les défis persistants liés à la scolarisation et au décrochage scolaire au sein des groupes vulnérables.

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