Société

De 55 mesures de protection en 2022 à 400 en 2025 : Le Procureur Général souligne, depuis Marrakech, le renforcement des efforts de lutte contre la traite des êtres humains et la protection des victimes.

Hicham Blawi, procureur général près la Cour de cassation et président du ministère public, a participé aujourd’hui, mardi 9 juin 2026, à Marrakech, aux travaux du second forum des procureurs généraux spécialisés dans la lutte contre la traite des êtres humains et le trafic de migrants, en présence de responsables, d’experts et de représentants d’organisations internationales et régionales de divers pays.

Lors de son discours d’ouverture, le président du ministère public a affirmé que les crimes de traite des êtres humains et de trafic de migrants figurent parmi les crimes transnationaux les plus graves, en raison des atteintes majeures à la dignité humaine et aux droits de l’homme qu’ils engendrent. Il a souligné les nouveaux défis posés par les évolutions numériques et les développements liés à l’intelligence artificielle, que les réseaux criminels exploitent pour attirer et exploiter les victimes.

Il a également précisé que le Royaume du Maroc a fait de la lutte contre la traite des êtres humains et de la protection des victimes une option stratégique, en accord avec ses engagements nationaux et internationaux en matière de droits de l’homme, en développant le cadre légal et institutionnel et en renforçant les mécanismes de protection et d’accompagnement des victimes.

Dans ce contexte, il a présenté les efforts déployés par la présidence du ministère public, qui incluent le renforcement de la spécialisation des magistrats du ministère public dans ce domaine, la création d’un réseau de procureurs spécialisés dans les affaires de traite des êtres humains, la publication de circulaires pour harmoniser la pratique, ainsi que le développement d’outils pratiques visant à améliorer la qualité de traitement de ces affaires et à garantir les droits des victimes.

Il a également souligné que la politique pénale adoptée ne se limite pas à une approche répressive, mais repose sur une vision globale qui place la protection des victimes et le respect de leur dignité au cœur de ses préoccupations, tout en élargissant le champ de protection pour inclure les victimes indirectes affectées par les conséquences de ces crimes.

Dans ce cadre, la présidence du ministère public a enregistré des résultats positifs notables, avec une augmentation du nombre de mesures de protection prises en faveur des victimes de la traite des êtres humains, passant de 55 mesures en 2022 à 400 mesures en 2025, ce qui témoigne de l’efficacité de l’approche de protection adoptée et de l’évolution des mécanismes d’accompagnement des victimes.

Le président du ministère public a également souligné l’importance d’instaurer une culture de déclaration des crimes de traite des êtres humains, à travers des campagnes de sensibilisation et des programmes de communication mis en œuvre en partenariat avec divers acteurs nationaux et internationaux.

En conclusion de son discours, il a insisté sur le fait qu’une réponse efficace aux crimes de traite des êtres humains et de trafic de migrants nécessite un renforcement de la coopération judiciaire internationale, un échange d’informations et d’expertises, ainsi qu’une coordination des efforts en vue de démanteler les réseaux criminels transnationaux et de lutter contre l’impunité, contribuant ainsi à la protection de la dignité humaine et à l’affirmation des valeurs de justice, de sécurité et de stabilité.

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