Organisations professionnelles confrontent Akhnouch à un défi crucial concernant le report des élections du Conseil de la presse

Des organisations professionnelles de journalistes et d’éditeurs ont demandé au Premier ministre Aziz Akhannouch d’intervenir afin de Reporter les élections du Conseil national de la presse, prévues le 15 septembre prochain, jusqu’après les élections législatives, plaidant pour une correction du processus électoral et la garantie de conditions juridiques, professionnelles et démocratiques plus adaptées.
Les organisations ont précisé, dans une lettre adressée au Premier ministre, que la date fixée pour les élections et la publication des listes des journalistes professionnels par le comité temporaire en charge des affaires du Conseil ont suscité de vives critiques au sein de la profession, considérant que les délais impartis pour formuler des observations sur les listes étaient trop étroits. Elles ont également noté que ces listes incluaient, selon elles, des noms de personnes décédées et d’autres suscitant des interrogations quant au respect des conditions d’obtention de la carte professionnelle.
La lettre a également signalé le manque de clarté du comité temporaire quant aux critères et conditions de sélection des éditeurs habilités à voter et des organisations autorisées à déléguer, en plus de l’absence de consultation des organisations professionnelles pour la préparation du scrutin, ainsi que l’absence de divulgation des différents mécanismes techniques, organisationnels et administratifs liés au processus de vote.
Les organisations estiment que la tenue des élections du Conseil national de la presse en même temps que les préparatifs pour les élections législatives à venir alourdirait le fardeau de la presse nationale, qui sera occupée par la couverture de l’élection législative, mettant en garde contre ce qu’elles qualifient de risque d’exploitation politique des élections professionnelles ou d’influence sur leur déroulement et leurs résultats.
Elles ont donc demandé au Premier ministre d’exercer ses prérogatives légales pour différer les élections du Conseil jusqu’après les élections législatives, et d’encourager le comité temporaire à consulter les différentes organisations professionnelles représentatives et à les impliquer dans les étapes de préparation et d’organisation.
Elles ont également appelé à la révision et à la vérification des listes électorales des journalistes, à la régularisation des cartes professionnelles nouvelles et en suspens, ainsi qu’à l’examen des critères et conditions de délégation des représentants des éditeurs, conformément à la loi et à la décision du Conseil constitutionnel, notamment en ce qui concerne le principe de la pluralité représentative.
Les organisations ont souligné que le comité temporaire pourrait, en attendant de finaliser les conditions d’organisation des élections, continuer à gérer l’institution et à exercer ses fonctions, y compris le renouvellement des cartes professionnelles et les missions disciplinaires et d’arbitrage, tout en poursuivant le dialogue avec les acteurs professionnels pour préparer efficacement le scrutin.
La lettre a conclu que l’intervention du Premier ministre pour reporter les élections et corriger leur trajectoire contribuerait à protéger la légitimité du futur Conseil national de la presse, à renforcer l’autonomie de l’organisation professionnelle et à apaiser les tensions au sein du corps journalistique, ce qui améliorerait l’image du Maroc en matière de droits et de libertés.




