La syndicat du secteur des taxis tire la sonnette d’alarme et réclame des solutions urgentes et durables pour sauver les professionnels.

La Fédération nationale du secteur des taxis, affiliée à l’Union nationale du travail au Maroc, a renouvelé son avertissement concernant la gravité de la situation économique et sociale des professionnels du secteur des taxis, toutes catégories confondues. Cela survient dans un contexte de hausse continue des prix des carburants, d’une aide exceptionnelle insuffisante et irrégulière, ainsi que d’un cumul de problèmes structurels qui menacent la viabilité du secteur et sa capacité à jouer son rôle dans le système de transport public.
Dans un communiqué, le syndicat a affirmé que l’aide exceptionnelle mise en place par l’État pour faire face aux conséquences de l’augmentation des prix des carburants n’est plus suffisante pour résoudre la crise, au regard de la montée constante du coût du gazole et des dépenses d’exploitation liées à l’entretien, aux pièces de rechange, aux assurances, aux taxes et aux charges sociales, alors que les revenus ne parviennent plus à couvrir ces coûts.
Le syndicat a insisté sur le fait que la résolution de cette crise ne peut plus se contenter de solutions temporaires ou palliatives, appelant à des décisions gouvernementales claires et courageuses qui tiennent compte des spécificités du secteur des taxis et de son rôle fondamental dans le transport public et l’économie nationale.
### Gazole professionnel et aide plus régulière
Parmi ses principales revendications, le syndicat a appelé à la mise en place d’un gazole professionnel pour les acteurs du transport, considéré comme une solution durable. En attendant, il réclame un plafonnement du prix du gazole destiné au secteur du transport public afin d’assurer la stabilité des coûts d’exploitation.
Il a également demandé une révision du montant de l’aide exceptionnelle et son augmentation pour qu’elle corresponde à la véritable hausse des prix des carburants, ainsi qu’une régularité dans son versement dans des délais raisonnables, faisant référence au « coup de grâce » sur l’aide de juin et la première moitié de juillet, qu’elle considère comme une omission, qu’elle soit intentionnelle ou non.
Le syndicat a aussi appelé à un contrôle effectif du marché des carburants pour garantir la protection des professionnels et des consommateurs.
### Révision des marges bénéficiaires des entreprises pétrolières
Le syndicat a exigé l’ouverture d’un débat sur les marges bénéficiaires des entreprises pétrolières et leur impact sur les coûts d’exploitation, plaidant pour une réduction de ces marges en période de crise, ainsi que pour des mesures fiscales temporaires visant à alléger la charge pesant sur les professionnels et les citoyens.
Parmi les propositions avancées, le syndicat a suggéré une exonération temporaire de la taxe intérieure de consommation sur les carburants et la suppression de la taxe sur la valeur ajoutée, tout en plaidant pour l’établissement d’un mécanisme transparent de surveillance des prix et des marges bénéficiaires, et le renforcement du rôle du Conseil de la concurrence.
Il a également demandé que l’aide soit dirigée directement vers les conducteurs réellement en activité, en se basant sur les données fournies par le certificat de confiance électronique.
### Organisation du transport par applications et lutte contre le transport non autorisé
Concernant le transport par applications, le syndicat a tiré la sonnette d’alarme sur la montée du transport non autorisé, que ce soit via certaines applications et plateformes numériques opérant en dehors du cadre légal, ou par le biais du transport clandestin traditionnel.
Il a affirmé que la lutte contre ce phénomène ne doit pas passer par une opposition à la technologie ou au refus de la numérisation, mais par son intégration dans un cadre légal et organisé, plaidant pour l’établissement d’un cahier des charges clair et l’organisation du transport par applications, tout en autorisant les conducteurs professionnels titulaires de la licence de confiance électronique à exercer légalement via ces plateformes.
Le syndicat a aussi souligné la nécessité d’impliquer les professionnels et leurs syndicats dans la préparation du cadre légal et réglementaire du transport par applications, en considérant la numérisation comme un moyen de développer les services de taxis plutôt que d’exclure les professionnels ou de compromettre leur stabilité.
### Exonérations de dettes et reconstruction du système de couverture santé
Le syndicat a fait état d’irrégularités dans le système de couverture santé, en particulier concernant l’utilisation de la carte professionnelle comme critère essentiel d’accès et de paiement, alors qu’elle ne reflète pas, selon lui, la réalité de l’exercice de la profession.
Il a précisé que cette situation a entraîné l’accumulation de dettes et de cotisations pour de nombreux titulaires de cartes professionnelles ne travaillant pas activement ou ne disposant pas de revenus réguliers.
Dans ce contexte, il a réclamé une exonération totale des dettes et cotisations accumulées en raison de cette situation, sans conditions ni exigences décourageantes, et la redéfinition des bénéficiaires en fonction de la réalité de l’exercice de la profession, particulièrement avec la présence de la licence de confiance électronique qui pourrait, selon le syndicat, aider à déterminer les praticiens réels et le nombre de jours travaillés.
Il a également demandé de traiter la situation des conducteurs employés par des propriétaires de multiples contrats ou entreprises, et d’exiger de ces derniers qu’ils déclarent les conducteurs conformément aux dispositions du Code du travail, en prenant les mesures légales nécessaires en cas de non-respect.
### Seconde chance pour s’engager dans la couverture santé
Le syndicat a appelé à accorder à tous les conducteurs professionnels une seconde chance pour s’engager dans le système de couverture santé, après une exonération totale des dettes antérieures, leur permettant ainsi de se réengager en fonction de leurs véritables capacités, sans conditions dissuasives.
### Reprise du programme de renouvellement de la flotte
Concernant la modernisation du secteur, le syndicat a affirmé que le renouvellement de la flotte de taxis n’est plus une option secondaire, mais une nécessité imposée par des transformations économiques, environnementales et technologiques, ainsi que par les enjeux et événements internationaux auxquels le Maroc fera face.
Il a demandé la reprise et l’accélération du programme de renouvellement de la flotte, avec une augmentation du soutien alloué à cet effet, proportionnelle à la forte hausse des prix des véhicules, tout en encourageant l’acquisition de véhicules à faible consommation de carburant ainsi que de véhicules propres, hybrides et électriques, et en facilitant l’accès au financement avec des conditions préférentielles adaptées aux particularités du secteur.
Il a aussi sollicité l’adoption de programmes d’accompagnement technologique et numérique, permettant aux taxis de s’intégrer dans le système de transport moderne.
### Appel à un dialogue urgent
Enfin, le syndicat a exprimé son étonnement face à ce qu’il a qualifié de retard dans la publication des résultats de l’étude commandée par le ministère de l’Intérieur l’année dernière, estimant que le maintien de l’ignorance des dossiers présentés risquerait d’aggraver la crise économique et sociale qui touche les professionnels du secteur.
Il a affirmé que le sauvetage du secteur des taxis est une responsabilité partagée, et que sa réformation nécessite une vision nationale intégrée garantissant la stabilité des professionnels, protégeant les droits des conducteurs et préservant le pouvoir d’achat des citoyens tout en accompagnant la transition numérique et environnementale du système de transport.
Le syndicat a renouvelé son appel à la gouvernement, aux ministères et aux institutions concernées, à ouvrir un dialogue urgent, sérieux et responsable avec les professionnels et leurs représentants, afin de dresser une feuille de route claire pour traiter les questions des carburants, des aides, de la couverture santé, du transport non autorisé et du renouvellement de la flotte.
Il a conclu en affirmant que les professionnels ne peuvent plus supporter davantage de charges, mettant en garde contre le risque que leur négligence des revendications légitimes les pousse à adopter toutes les formes de lutte et de recours légal garanties par la constitution et la loi, pour défendre la dignité des professionnels, la stabilité de leurs familles et sauver le secteur des taxis de la faillite et de la marginalisation.




