Colère théâtrale face au soutien de 2026 : la Fédération des Compagnies de Théâtre Professionnelles met en garde contre « l’étouffement de la créativité par la bureaucratie »

La Fédération marocaine des troupes de théâtre professionnel, branche de la région de Casablanca-Settat, a exprimé son vif mécontentement concernant les résultats de la première session de soutien au théâtre pour la saison 2026. Elle considère que les mécanismes de soutien actuels souffrent de dysfonctionnements structurels profonds qui privilégient une approche administrative au détriment de la qualité artistique et créative.
Dans un communiqué destiné à l’opinion publique nationale, la branche souligne que l’augmentation du plafond financier du soutien à 300 000 dirhams constitue une avancée positive. Cependant, le fait d’attribuer à certaines troupes des montants variant entre 120 000 et 160 000 dirhams complique la production d’œuvres théâtrales professionnelles répondant aux exigences artistiques requises tout en garantissant des rémunérations dignes pour les artistes.
Le communiqué critique également le recours au cahier des charges basé sur une logique administrative et comptable restrictive, transformant le processus de sélection en une compétition pour la préparation de dossiers plutôt qu’un véritable évaluation de la valeur artistique des projets. De plus, il déplore que l’administration ait le pouvoir d’exclure des dossiers pour des raisons techniques avant même qu’ils ne soient présentés aux commissions artistiques compétentes.
La Fédération appelle à une révision complète du système de soutien au théâtre, en mettant en place un montant minimum de soutien garantissant la pérennité des troupes et la qualité des productions. Elle exige également un transfert d’une gestion centralisée vers un soutien régional avancé qui s’aligne avec le chantier de la région avancée et qui favorise l’équité territoriale dans le domaine culturel.
Enfin, la branche de Casablanca-Settat affirme que le développement du théâtre marocain nécessite de libérer la créativité des contraintes bureaucratiques et d’impliquer les professionnels dans l’élaboration des politiques culturelles. Elle se déclare prête à engager différentes formes de plaidoyer et de lutte en faveur de la dignité des artistes et de l’avenir du théâtre marocain.




