Étude marocaine : Le plafonnement des prix des moutons est une solution temporaire, tandis qu’une réforme structurelle du marché est une nécessité urgente.

Le Centre d’études sociales et médiatiques du Maroc a publié un nouveau document de politique sur la question de l’augmentation des prix des moutons, accompagnée d’un débat récurrent sur la spéculation et la monopolisation de l’offre durant la période de préparation pour l’Aïd al-Adha. Ce document appelle à un débat national sur la légitimité et la pertinence d’une intervention exceptionnelle de l’État pour encadrer les prix et protéger le pouvoir d’achat des citoyens.
Cette étude, intitulée « Réglementation des marchés des moutons au Maroc : Document de politique sur la légitimité et la pertinence de l’encadrement des prix entre les dispositions de la loi n° 104.12 et les défis de la réalité économique », s’inscrit dans le cadre des discussions continues concernant la hausse répétée des prix des animaux de sacrifice, en particulier face aux pressions économiques rencontrées par les familles marocaines, notamment les groupes vulnérables et moyens.
Le document souligne que le rituel de l’Aïd al-Adha dépasse son aspect religieux pour se transformer en un enjeu social et économique ayant un impact direct sur la stabilité sociale et la sécurité économique des ménages. Cela justifie, selon l’étude, la possibilité d’une intervention gouvernementale exceptionnelle pour réguler les prix en cas de déséquilibre manifeste sur le marché.
L’étude se fonde sur les dispositions de la loi n° 104.12 relative à la liberté des prix et à la concurrence, notamment l’article 4, qui permet de prendre des mesures temporaires pour encadrer les prix dans des cas exceptionnels, tels qu’une hausse excessive des prix ou des perturbations anormales sur le marché, et ce, après consultation du Conseil de la concurrence.
Le document aborde également les aspects juridiques et constitutionnels relatifs à la légitimité de cette intervention, ainsi que ses limites pratiques et ses répercussions potentielles sur l’offre et la concurrence, considérant que l’encadrement des prix demeure une mesure temporaire qui ne peut pas résoudre de manière durable les déséquilibres du marché des moutons.
Il appelle à des réformes structurelles concomitantes incluant l’organisation des circuits de vente des moutons, la lutte contre la spéculation et l’intermédiation non structurée, ainsi que la généralisation de la transparence dans la tarification via la vente au poids et l’affichage des prix. Il préconise également d’accélérer la numérisation à travers des plateformes de vente directe reliant les éleveurs aux consommateurs, tout en renforçant les mécanismes de contrôle et de répression contre les pratiques contraires aux règles de concurrence.
Enfin, le document insiste sur le fait que réformer le marché des moutons fait partie d’une démarche plus large visant à moderniser les marchés traditionnels et à renforcer la justice économique et la protection des consommateurs dans une économie compétitive et organisée, appelant à une approche équilibrée qui prend en compte la liberté d’initiative économique et les exigences de protection sociale et d’équité sur le marché.




