Finances 2027 : le gouvernement réserve 62 milliards de dirhams pour les priorités sociales et augmente le minimum des pensions de retraite à 1700 dirhams

Fawzi Lekjaa, ministre de l’Économie, des Finances et de la Réforme de l’Administration, a révélé un ensemble de mesures sociales et fiscales contenues dans le projet de loi de finances pour 2027. Parmi les mesures phares, on trouve l’augmentation du minimum des pensions de retraite à 1700 dirhams par mois, la multiplication par deux des pensions destinées aux veuves, passant de 50 à 100 %, ainsi que l’exonération de l’impôt sur le revenu pour les salaires inférieurs à 10 000 dirhams.
Cet annonce a été faite lors de la présentation du projet de loi de finances 2027, ce vendredi, devant le Parlement, dans le cadre de la mise en œuvre des priorités sociales du gouvernement, doté d’un budget atteignant près de 62 milliards de dirhams, visant à améliorer le pouvoir d’achat des ménages, renforcer la protection sociale et développer les services publics, en particulier dans les secteurs de la santé et de l’éducation.
En ce qui concerne les retraites, le ministre a annoncé l’élévation du minimum de la pension d’environ 1000 dirhams actuellement à 1700 dirhams par mois, à compter du 1er janvier 2027, une mesure qui devrait bénéficier à environ 500 000 retraités.
Il a également dévoilé l’augmentation du taux de la pension allouée aux veuves de 50 à 100 %, à partir de cette même date, en faveur d’environ 431 000 veuves, dans une démarche destinée à renforcer la protection sociale et à améliorer les ressources financières de cette catégorie.
Le coût total des mesures liées aux retraites et aux veuves est estimé à environ 10 milliards de dirhams, alors que le gouvernement prévoit de continuer à relever progressivement le minimum des pensions pour atteindre 3000 dirhams par mois d’ici la fin du mandat gouvernemental.
Sur le plan fiscal, Lekjaa a annoncé une révision progressive de l’impôt sur le revenu, comprenant l’augmentation du seuil d’exonération du premier tranche de 40 000 dirhams à 60 000 dirhams par an, et la réduction du nombre de tranches fiscales de cinq à trois, tout en abaissant le taux marginal appliqué sur la dernière tranche de 37 à 30 %.
Avec cette révision, les salaires mensuels nets inférieurs à 10 000 dirhams seront exonérés d’impôt sur le revenu, ce qui portera le pourcentage des travailleurs exemptés à 87 %, selon les données présentées par le ministre.
Le coût financier de cette réforme fiscale est d’environ 5,5 milliards de dirhams pour l’année 2027, et sa mise en œuvre se poursuivra progressivement au cours des prochaines années, dans le cadre d’une initiative visant à alléger le fardeau fiscal sur les travailleurs et la classe moyenne, et à améliorer le revenu net des ménages.
Dans le secteur de la santé, le projet de loi de finances pour 2027 élève le budget alloué à la santé à 45,4 milliards de dirhams, avec une augmentation de trois milliards de dirhams par rapport à l’année en cours.
Parmi les priorités annoncées figurent le renforcement des ressources humaines par la création de 8000 postes budgétaires, l’accélération de l’achèvement et de l’équipement des établissements de santé, la qualification de 1600 structures de soins de santé primaires, et la poursuite des programmes de mise à niveau des hôpitaux régionaux et locaux, en plus de l’accélération de la numérisation du système de santé.
Ces crédits s’accompagnent de la poursuite des réformes du système de santé, qui visent à établir des groupes sanitaires territoriaux, redéfinissant ainsi la gestion des services de santé et répartissant les responsabilités entre le niveau central et les niveaux locaux, dans le cadre d’une restructuration de la gouvernance du secteur et de la gestion de ses ressources.
Parallèlement, le projet alloue aux secteurs de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la formation professionnelle un budget s’élevant à 121,3 milliards de dirhams, soit une augmentation de 5,3 milliards de dirhams, avec la création de 17 874 postes budgétaires.
Les priorités mises en avant incluent la généralisation de l’éducation préscolaire, l’amélioration des compétences fondamentales, la lutte contre le décrochage scolaire, le développement des parcours éducatifs et de formation, et l’amélioration des opportunités d’insertion des diplômés sur le marché du travail.
Ces mesures s’inscrivent dans la perspective gouvernementale de faire de l’éducation et de la santé des piliers essentiels des politiques sociales, parallèlement à l’élargissement des opportunités d’emploi et à l’amélioration de la qualité des services publics.
Les mesures sociales prévoient également une augmentation du minimum de l’aide sociale directe, passant de 500 à 600 dirhams par mois à partir de janvier 2027, avec un objectif de hausse progressive jusqu’à 1000 dirhams.
Lekjaa a également annoncé que l’État couvrirait les factures d’électricité ne dépassant pas 100 dirhams par mois, en faveur de près de six millions de clients, soit environ 60 % du total, avec un coût estimé à environ 2,8 milliards de dirhams.
Ces initiatives témoignent d’une volonté d’élargir le champ d’intervention sociale de l’État, en allégeant le fardeau fiscal des travailleurs, en améliorant les pensions des retraités et des veuves, en soutenant les familles à faibles revenus, ainsi qu’en augmentant les budgets alloués aux secteurs sociaux.
Ainsi, le projet de loi de finances pour 2027 constitue une première étape financière dans la mise en œuvre du programme gouvernemental, avec l’ambition de transformer les crédits annoncés en amélioration tangible du pouvoir d’achat et de la qualité des services de santé et d’éducation, tout en soulignant que l’impact réel de ces mesures dépendra des conditions de leur mise en œuvre et de leur répercussion sur les conditions de vie des citoyens.




