L’Académie du Royaume du Maroc accueille l’historien chinois Li Anshan en tant que membre associé et célèbre sa vision des relations Afrique-Asie.

Dans le cadre de son ouverture internationale en faveur des compétences scientifiques de haut niveau, l’Académie du Royaume du Maroc a annoncé l’installation de l’historien chinois Li Anshan en tant que membre associé, le jeudi 23 avril 2026, lors de sa cinquante-et-unième session qui s’est tenue les 21, 22 et 23 avril sous le thème : « Intelligence artificielle et sciences humaines : vers une théorie cognitive commune entre l’homme et les algorithmes ».
Li Anshan est considéré comme l’un des historiens chinois les plus éminents spécialisés dans l’histoire de l’Afrique. Il occupe le poste de professeur au Centre d’études africaines de l’École des relations internationales de l’Université de Pékin. Il est également vice-président de la commission scientifique internationale du projet « Histoire générale de l’Afrique » relevant de l’UNESCO, en plus de présider honorifiquement l’Association chinoise d’études sur l’histoire africaine.
Lors de son cours inaugural, Anshan a abordé le concept de « supériorité civilisationnelle », considérant cela comme un comportement historique utilisé par différentes nations pour se définir en niant l’autre et en le qualifiant de « barbare ». Il a présenté de nombreux exemples historiques et culturels, mettant en lumière comment le concept de « civilisation » a été utilisé pour renforcer la cohésion interne au détriment de l’exclusion des autres.
Dans le contexte contemporain, il a également critiqué les conséquences du capitalisme et du colonialisme dans la consolidation de cette division, soulignant une paradoxale réalité : les pays les plus « avancés » sur le plan des indicateurs matériels sont aussi ceux qui contribuent le plus à la pollution environnementale, affichent les taux de suicide les plus élevés et disposent des outils de guerre les plus élaborés.
En revanche, Anshan a présenté l’expérience sino-africaine comme un modèle alternatif basé sur le respect mutuel et la coopération équitable, appelant à la création d’un système international multipolaire fondé sur l’égalité plutôt que sur la dépendance. Cette orientation est perçue comme un pont cognitif et civilisationnel reliant l’Asie et l’Afrique, loin de l’héritage impérial.
On rappelle que Li Anshan est le troisième académicien chinois à devenir membre de cette prestigieuse institution scientifique, après Huang Xiang et Bo Shuo Shang dans les années 1980, ce qui reflète la profondeur des relations scientifiques et culturelles entre le Maroc et la Chine.




