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Les pluies de Casablanca révèlent la négligence du cimetière d’Al-Ghofrane et submergent les tombes dans la boue.

Les fortes précipitations qui ont récemment frappé la ville de Casablanca ont révélé une réalité choquante à la nécropole de Ghorfan, l’une des plus grandes cimetières de la capitale économique. Dès les premières gouttes de pluie, les abords du cimetière se sont transformés en mares de boue, et certaines tombes se sont effondrées, tandis que l’eau a submergé plusieurs sépultures, mettant en cause la dignité des défunts et illustrant des années de négligence et de marginalisation.

Les pluies, en elles-mêmes, n’étaient qu’un révélateur d’une situation structurelle défaillante. L’absence de canalisations efficaces pour évacuer les eaux pluviales, la dégradation des chemins internes et le manque d’entretien des lieux ont rendu le cimetière incapable de faire face aux caprices du temps. Le résultat : des tombes submergées, des pierres tombales brisées et des familles désemparées qui se retrouvent dans l’incapacité de visiter leurs proches disparus ou même de s’assurer de la sécurité de leurs sépultures.

Nombre de visiteurs du cimetière ont exprimé leur choc face à l’état du lieu, estimant que ce qui se passe ne peut être uniquement justifié par des facteurs naturels, mais est le résultat direct d’un manque de surveillance et de gestion responsable. Un cimetière de cette taille, revêtant une symbolique religieuse et humaine corrélée, aurait dû bénéficier d’un soin constant, surtout dans une ville de l’envergure de Casablanca.

Il n’est pas anodin de rappeler que la dignité des défunts est une question primordiale, une valeur morale et religieuse ancrée, et tout manquement à cet égard soulève plus d’interrogations concernant les priorités de la gestion locale. Est-il raisonnable de laisser les cimetières devenir des espaces laissés à l’abandon, ne suscitant l’intervention des autorités qu’après qu’un désastre se soit produit ?

Ce que connaît aujourd’hui la nécropole de Ghorfan nécessite une intervention urgente pour réparer ce qui peut l’être et mettre un terme à cette situation indigne, à travers une réhabilitation complète incluant l’évacuation des eaux, la restauration des tombes endommagées, et l’assurance d’un entretien régulier à la hauteur de la dignité des défunts et des sentiments des vivants. Les défunts, bien qu’absents de ce monde, ne devraient pas être absents de la conscience des responsables.

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