Société

Les syndicats et organisations de presse intensifient leur action contre le processus électoral du Conseil national de la presse et demandent son report.

Le comité de coordination syndicale et professionnel du secteur de la presse et de l’édition, qui comprend la Syndicat national de la presse marocaine, l’Union nationale de la presse et de l’information du syndicat marocain du travail (UMT), ainsi que la Confédération marocaine des éditeurs de presse et de l’information électronique, a adressé une lettre ouverte aux partis politiques nationaux, aux centrales syndicales et aux organisations des droits humains. Dans ce document, il appelle à soutenir la demande de report des élections du Conseil national de la presse jusqu’à ce que les conditions nécessaires soient réunies pour garantir des élections professionnelles honnêtes, transparentes et indépendantes.

Les organisations signataires de la lettre soulignent que la protection de l’autonomie de l’organisation de la profession journalistique ne concerne pas uniquement les journalistes et éditeurs, mais constitue, selon elles, une question qui engage l’ensemble des forces démocratiques, syndicales et des droits humains. En effet, l’indépendance de la presse et de ses institutions est un élément fondamental de la construction démocratique et de la protection de la diversité et de la liberté d’expression.

Les instances ont salué les positions exprimées précédemment par les deux centrales syndicales, l’Union marocaine du travail (UMT) et la Confédération démocratique du travail (CDT), estimant que l’engagement des forces politiques, syndicales et des droits humains envers ce dossier pourrait favoriser un dialogue institutionnel et professionnel garantissant l’autonomie de la profession.

Cette lettre survient dans un contexte où se préparent les élections du Conseil national de la presse, des élections qui, selon les signataires, soulèvent encore de nombreuses problématiques à traiter avant d’atteindre les étapes finales du processus électoral.

Parmi les dossiers problématiques soulevés par les syndicats et organismes professionnels, l’on note les problèmes persistants liés à l’obtention des cartes de presse pour l’année 2025, ainsi que des journalistes qui n’ont pas reçu leurs cartes. De plus, il existe des recours et des questions concernant la gestion de la carte professionnelle.

La lettre fait également état d’un flou, selon les signataires, quant à l’entité chargée de la gestion des données électorales et de leur mise à jour, sans oublier les correspondances de la commission temporaire des institutions professionnelles visant à actualiser les listes des titulaires de cartes de presse, sans annonce suffisante des résultats de cette opération.

Les organisations expriment leur inquiétude face à l’absence de garanties déclarées et suffisantes concernant les différentes étapes du processus électoral, depuis la préparation des listes jusqu’à l’ouverture des candidatures, en passant par le scrutin, le dépouillement et l’annonce des résultats.

Le comité de coordination syndicale et professionnel du secteur de la presse et de l’édition estime que les élections professionnelles ne peuvent se résumer à un simple processus technique ou au respect de délais préétablis. Il insiste sur le fait qu’organiser des élections honnêtes nécessite des garanties claires d’indépendance, de neutralité et de transparence, tout en accordant aux organisations syndicales et professionnelles le temps nécessaire pour tenir leurs réunions organisationnelles et choisir leurs candidats.

Il appelle donc à reporter les élections du Conseil national de la presse jusqu’à ce que toutes les conditions nécessaires pour organiser des élections dignes de ce nom soient réunies, tout en ouvrant un véritable dialogue institutionnel et professionnel sur les différentes étapes du processus électoral, afin de traiter les dysfonctionnements et les questions soulevées.

Il est également demandé de garantir la neutralité et l’indépendance de la commission supervisant le processus électoral, ainsi que la transparence dans la préparation de l’entité électorale, permettant aux institutions, journalistes et journalistes d’accéder à leurs données personnelles, de les corriger et de contester si nécessaire.

Les organisations signataires insistent également sur la nécessité de traiter tous les dossiers en suspens concernant la carte de presse pour l’année 2025 et de résoudre les recours liés à sa gestion avant l’adoption de toute entité électorale définitive.

La Syndicat national de la presse marocaine, l’Union nationale de la presse et de l’information du syndicat marocain du travail et la Confédération marocaine des éditeurs de presse et de l’information électronique affirment que leur initiative ne vise pas à représenter une entité syndicale ou organisationnelle particulière, mais cherche à défendre l’autonomie de la profession journalistique, tout en veillant à ce que la phase transitoire ne se transforme pas en une opportunité d’imposer une composition ou un processus électoral ne respectant pas les conditions démocratiques et professionnelles nécessaires.

En conclusion, les organisations ont appelé les partis politiques, les centrales syndicales et les organisations des droits humains à répondre positivement à leurs demandes et à collaborer pour créer les conditions nécessaires à l’organisation d’élections professionnelles crédibles, permettant aux journalistes et éditeurs de désigner leurs représentants lors d’élections libres, justes et transparentes.

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