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Manifestations nocturnes massives en Iran sous coupure d’internet

Les rues des villes iraniennes ont connu de vastes manifestations jeudi soir, les plus importantes depuis le début des protestations il y a environ deux semaines, en raison de la dégradation des conditions de vie. Les participants ont scandé des slogans politiques tels que « mort au dictateur » et ont incendié des bâtiments gouvernementaux, tandis que l’interruption de la connexion Internet se poursuivait, comme le montrent des vidéos publiées vendredi.

L’organisation « NetBlocks », qui surveille la connectivité des réseaux numériques dans le monde, a déclaré que les autorités iraniennes avaient imposé une coupure généralisée depuis jeudi soir. Elle a ajouté, vendredi matin, que la République islamique était désormais complètement déconnectée du réseau depuis 12 heures, inscrivant cela dans le cadre d’une « tentative de réprimer les vastes manifestations ».

Des vidéos vérifiées par l’Agence France-Presse ont montré des foules de manifestants dans une partie de la rue Kashani à Téhéran, avec des voitures klaxonnant en soutien.

Les manifestants ont scandé des slogans, tels que « mort au dictateur », en référence au Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, qui dirige la République islamique depuis 1989.

L’AFP a également vérifié des vidéos de mouvements similaires, avec le même slogan, dans la rue Dowlat au nord de Téhéran et dans d’autres quartiers de la capitale iranienne.

D’autres vidéos ont montré de grandes manifestations dans des villes comme Tabriz au nord-ouest, Machhad, la deuxième plus grande ville du pays au nord-est, ainsi que dans des régions de l’ouest où vit la minorité kurde.

Selon des séquences diffusées sur Internet, des manifestants ont mis le feu au hall du siège de la télévision officielle dans la ville d’Ispahan (centre). L’AFP n’a pas pu vérifier immédiatement la véracité de ces images. D’autres vidéos montraient des flammes dans le bâtiment de la préfecture à Shazand, dans la province centrale, tandis que des manifestants s’étaient rassemblés à l’extérieur.

Parallèlement, Reza Pahlavi, le fils du Shah d’Iran renversé par la révolution islamique en 1979 et résidant aux États-Unis, a appelé à de nouvelles mobilisations vendredi soir, après avoir invité les Iraniens à descendre dans la rue jeudi soir.

Les manifestations de jeudi soir étaient les plus importantes en Iran depuis les révoltes de 2022-2023 qui avaient secoué le pays suite à la mort de Mahsa Amini alors qu’elle était détenue par la police des mœurs pour non-respect des strictes règles vestimentaires de la République islamique.

Les protestations avaient débuté le 28 décembre par une grève menée par des commerçants dans le bazar de Téhéran, en réaction à la dévaluation de la monnaie et à la perte de pouvoir d’achat dans le pays, aggravées par les sanctions américaines et internationales.

Elles représentent un nouveau défi pour les autorités, après une guerre de 12 jours avec Israël en juin, qui a causé des dommages aux infrastructures nucléaires et militaires et à des cibles civiles, entraînant la mort de personnalités éminentes de l’élite sécuritaire et de scientifiques nucléaires.

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