Rapport officiel alerte sur la nécessité pour le Maroc de renforcer ses stocks stratégiques de carburants et de céréales.

Le Conseil économique, social et environnemental a révélé, dans son rapport annuel pour l’année 2025, la persistance de plusieurs faiblesses structurelles affectant le système des stocks stratégiques de matières essentielles au Maroc, notamment les hydrocarbures et le blé tendre, appelant les autorités publiques à faire preuve de plus de vigilance dans ce domaine vital.
Le Conseil a souligné que, bien qu’il applaudisse les efforts déployés par les autorités publiques en 2025 dans les domaines économique, social et environnemental, la dépendance du Maroc vis-à-vis des importations de produits stratégiques accroît sa vulnérabilité face aux chocs externes, surtout dans un contexte où les tensions géopolitiques, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et les fluctuations des marchés internationaux sont en augmentation.
Le rapport a fait référence au discours royal prononcé à l’occasion de l’ouverture de la première session législative de la onzième législature, le 8 octobre 2021, qui a insisté sur la nécessité de créer un système national intégré de stocks stratégiques de matières essentielles, notamment alimentaires, sanitaires et énergétiques, tout en actualisant constamment les besoins nationaux.
Le Conseil a indiqué que le Maroc, bien qu’il dispose de mécanismes pour les stocks de sécurité des hydrocarbures et des céréales, souffre encore de plusieurs dysfonctionnements, parmi lesquels : l’inadéquation du cadre légal, un respect faible des seuils de stock obligatoire, notamment en ce qui concerne les hydrocarbures, l’efficacité limitée des mécanismes de contrôle et le caractère dissuasif faible des sanctions, des capacités de stockage et d’expédition insuffisantes dans les ports, ainsi qu’une efficacité limitée des mesures adoptées pour atténuer les fluctuations des prix et protéger le pouvoir d’achat.
Dans ce cadre, le Conseil a formulé une série de recommandations pour renforcer l’efficacité des mécanismes de stockage de sécurité, concernant notamment les hydrocarbures : actualiser le cadre légal, mettre en place un modèle hybride combinant les capacités publiques et les stocks obligatoires du secteur privé, numériser les mécanismes de contrôle, renforcer les inspections sur le terrain, et étudier la possibilité de consacrer une partie des marges bénéficiaires des acteurs du secteur au soutien des capacités de stockage.
En ce qui concerne les céréales, le Conseil a appelé à finaliser le cadre légal et à définir les composants et seuils du stock, ainsi qu’à renforcer la gouvernance du système en consolidant les capacités de l’Office national interprofessionnel des céréales et légumineuses, à passer d’un système de déclaration à un système de contrôle effectif fondé sur des inspections régulières, en plus de diversifier les sources d’importation et d’adopter une politique de stockage qui profite des périodes de baisse des prix sur les marchés internationaux.
Le Conseil estime que ces réformes revêtent une importance stratégique, étant donné qu’elles constituent un levier essentiel pour renforcer la capacité du Maroc à résister, garantir la continuité des approvisionnements et réduire les répercussions des chocs externes sur l’économie nationale et sur le pouvoir d’achat des citoyens.




