Élever le taux d’activité des femmes à 45 % d’ici 2035 : le Conseil économique, social et environnemental appelle à transformer le potentiel féminin en moteur de développement.
À l’occasion de la Journée mondiale des droits des femmes, le Conseil économique, social et environnemental a réaffirmé l’importance de l’intégration des femmes dans la vie publique et économique, ainsi que leur rôle stratégique dans le renforcement du développement national.
Le Conseil a souligné qu’au Maroc, sous la conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, des réformes structurelles ont été mises en œuvre depuis des années pour renforcer la place des femmes, ancrées dans les principes d’égalité et la Constitution de 2011, ainsi qu’à travers l’adoption de cadres légaux et institutionnels pour protéger les droits des femmes et le lancement de stratégies visant à améliorer leurs conditions.
Cependant, le Conseil constate que l’écart entre les droits constitutionnels et légaux et la réalité des femmes aujourd’hui reste grand, notamment en matière de participation économique. Le taux d’activité économique des femmes s’élève à 19,1 % contre 68,6 % pour les hommes, et le taux de chômage parmi les femmes diplômées atteint 33,5 %, avec des disparités salariales atteignant jusqu’à 40 % dans certaines catégories, tandis qu’un quart des femmes actives œuvrent sans rémunération, souvent dans un cadre familial ou non structuré.
Le rapport souligne également le fardeau double pesant sur les femmes, qui consacrent plus de cinq heures par jour aux tâches ménagères, contre moins d’une heure pour les hommes, limitant ainsi leur participation sur le marché du travail et dans les activités associatives et politiques. De plus, la représentation des femmes dans les postes décisionnels demeure faible aux niveaux national et local, malgré leur réussite académique et professionnelle dans certains domaines scientifiques et techniques.
Le Conseil a affirmé que les obstacles à l’intégration complète des femmes sont multidimensionnels, incluant des pratiques sociales discriminatoires, une organisation institutionnelle morcelée et un manque de services de soutien, ce qui entraîne ce que l’on pourrait appeler un « désengagement progressif des femmes » des postes élevés dans leurs carrières professionnelles et académiques.
Pour surmonter ces obstacles, le Conseil a appelé à adopter une approche globale reliant les dimensions sociale, économique et culturelle, ainsi qu’à établir un programme national intégré visant à :
– Porter le taux d’activité des femmes à 45 % d’ici 2035, en ligne avec le nouveau modèle de développement.
– Renforcer les capacités des femmes à travers la formation professionnelle et des services adaptés pour concilier vie personnelle et vie professionnelle (crèches, transports sécurisés, horaires de travail flexibles).
– Stimuler la demande pour l’emploi féminin et encourager les entreprises à embaucher des femmes, dans le cadre du nouveau pacte d’investissement.
– Professionnaliser les activités de soins aux personnes et assurer leur reconnaissance légale et sociale.
– Créer un indicateur national d’égalité salariale pour réduire les écarts entre les sexes dans divers secteurs.
– Adopter des quotas progressifs pour renforcer la représentation des femmes dans les postes de direction scientifique, économique et académique.
Le Conseil a également affirmé que la mise en œuvre de ces recommandations représente une opportunité de dynamiser le développement national en tirant pleinement parti du potentiel féminin, le transformant en un véritable moteur de croissance économique et sociale au Maroc.




