Un responsable du ministère de l’Équipement et de l’Eau confirme la sécurité du barrage de Oued El-Makhazn malgré un taux de remplissage dépassant 146 %.

Le directeur général de l’Ingénierie de l’eau au ministère de l’Équipement et de l’Eau, Salah Eddine El Zahabi, a affirmé qu’aucune anomalie ni symptôme inhabituel n’ont été enregistrés concernant le barrage de Oued El Makhazine ou ses équipements, malgré le fait qu’il ait dépassé sa capacité normale depuis le 6 janvier 2026.
Dans une déclaration à la presse ce mercredi, il a précisé que, jusqu’au 4 février 2026, le niveau de l’eau dans le réservoir a dépassé de quatre mètres le niveau historique enregistré depuis le début de l’exploitation du barrage en 1972. Il a aussi souligné que l’ouvrage reste en situation sécurisée et fait l’objet d’une surveillance technique précise et continue.
El Zahabi a noté que le barrage de Oued El Makhazine a enregistré d’importantes précipitations s’élevant à 972,9 millions de mètres cubes durant la période allant du 1er septembre 2025 au 4 février 2026, dont 716,8 millions de mètres cubes, soit 73,68 %, ont été enregistrés au cours des deux dernières semaines seulement. Ce volume excède la moyenne annuelle de 184 %, portant le stockage d’eau à 988 millions de mètres cubes, avec un taux de remplissage de 146,85 %.
Face à cette situation, El Zahabi a indiqué que des opérations de vidange préventive et anticipée avaient été lancées, avec un volume cumulatif d’eau évacuée d’environ 372,9 millions de mètres cubes, afin de préserver la sécurité du barrage et de créer une capacité de réserve pour accueillir les apports prévus.
Concernant les prévisions climatiques futures, le responsable a mentionné la possibilité d’enregistrements d’apports supplémentaires au cours des sept prochains jours. Il a précisé que les services du ministère ont réalisé une simulation hydrologique précise utilisant l’heure comme unité de mesure, laquelle a montré que les apports attendus pourraient atteindre environ 620 millions de mètres cubes, avec un débit maximal pouvant atteindre 3163 mètres cubes par seconde, et un débit de vidange maximal de 1377 mètres cubes par seconde, soit quatre fois le débit actuel.
Cette simulation a également permis d’élaborer des cartes précises des zones susceptibles d’être exposées aux inondations et de déterminer les niveaux de montée des eaux, en tenant compte des vidanges du barrage et des apports des cours d’eau non régulés, ce qui aidera les autorités compétentes à prendre les mesures nécessaires pour protéger les citoyens et leurs biens.
Salah Eddine El Zahabi a confirmé que les services du ministère de l’Équipement et de l’Eau poursuivent, dans ces conditions hydrométéorologiques exceptionnelles, toutes les démarches nécessaires pour garantir la sécurité des infrastructures hydrauliques et assurer leur bon fonctionnement, notamment en organisant les apports d’eau et en protégeant des inondations, en complète coordination avec les autorités locales et les autres intervenants, sous le haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste.
Par ailleurs, le responsable a souligné que la saison hydrologique actuelle, qui a débuté le 1er septembre 2025, s’est caractérisée par d’importantes pluies après sept années de sécheresse, avec 145,5 mm de précipitations, soit un excédent de 32,5 % par rapport à la moyenne annuelle. Cela s’est traduit par des apports d’eau atteignant 8,73 milliards de mètres cubes, contribuant à porter le taux de remplissage des barrages au niveau national à 61,88 %, avec un volume proche de 10,37 milliards de mètres cubes, un niveau qui n’avait pas été atteint depuis 2019.
Il a ajouté que 95 % de ces apports, soit environ 8,31 milliards de mètres cubes, ont été enregistrés en moins de deux mois, ce qui a conduit plusieurs barrages à atteindre leur capacité maximale et a nécessité des opérations de vidange contrôlée, comme c’est le cas pour le barrage de l’Unité, afin de préserver la sécurité des infrastructures et assurer leur fonctionnement continu.
Le responsable a conclu en affirmant que le ministère, en coordination avec les agences des bassins hydrographiques, suit en permanence la situation des barrages et des infrastructures hydrauliques, s’appuyant sur des équipes techniques spécialisées et des simulations hydrologiques basées sur les prévisions météorologiques, afin d’élaborer des plans de gestion efficaces garantissant la sécurité des barrages et la protection de la population.




