« Théâtre des Femmes » : des femmes de ménage montent sur scène à l’Institut supérieur d’art dramatique de Rabat

Ce samedi, à l’institut supérieur d’art dramatique et d’animation culturelle de Rabat, s’est tenue la présentation officielle du projet « Théâtre des femmes », qui vise à intégrer les femmes de ménage de cet institut dans le monde du théâtre, tout en mettant en lumière leurs histoires et leurs conditions de vie quotidiennes.
Cet événement a été marqué par la présentation de la pièce de théâtre intitulée (Le Temps), accompagnée d’un documentaire qui retrace les principales étapes et défis du projet, tout en explorant la vie personnelle, les angoisses et les rêves oubliés des participantes.
L’intrigue de cette pièce, qui contient des significations profondes autour du thème du « temps », s’articule autour des histoires réelles et des parcours de vie des femmes participantes.
Ce travail s’inscrit dans un cadre dramatique émouvant, décrivant leurs quotidiens, les rêves d’enfance qu’elles n’ont pas réalisés et les défis qu’elles rencontrent, offrant ainsi des tableaux artistiques qui mêlent vérité, rires et larmes.
La pièce souligne également le contraste entre leur rude quotidien en coulisses et leur désir profond de s’exprimer et de s’affirmer, transformant ainsi la création théâtrale en un miroir transparent reflétant leurs expériences humaines et leur victoire morale sur les échecs et les difficultés de la vie.
Ce projet a traversé des phases fondatrices qui ont commencé par une communication directe et la construction de liens de confiance avec les travailleuses, suivies d’ateliers de formation théâtrale supervisés par des étudiants de quatrième année en « scénographie » et « animation culturelle ». Les entraînements comprenaient des techniques de diction, de performance et des principes du théâtre.
Une phase a également été dédiée à l’écoute et au soutien psychologique, visant à comprendre les souffrances et les défis auxquels ces femmes sont confrontées, transformant le théâtre en un véritable exutoire et un espace sécurisé pour s’exprimer et retrouver confiance en elles.
Après la représentation, les femmes participantes, à savoir Mena, Khadija, Naima, Bahija, Zhor, Leila et Fatima, ont été honorées, suscitant de vives applaudissements pour leur engagement et leur courage à se lancer dans cette nouvelle expérience.
À cette occasion, Latifah Achhar, directrice de l’institut supérieur d’art dramatique et d’animation culturelle, a déclaré à l’agence Maghreb Arabe Presse que cette représentation était une véritable traduction des sciences académiques en pratiques concrètes.
Elle a ajouté que l’art joue un rôle fondamental en rendant « invisibles » dans les espaces publics et privés, des individus « visibles », en réécrivant la réalité d’une façon artistique qui respecte la dignité humaine et met en valeur ses idées créatives.
Pour sa part, Ayoub Ait Behi, professeur à l’institut et superviseur du projet, a précisé que l’objectif ne se limitait pas à la production d’un projet culturel académique, mais à la création d’un travail qui touche de près la vie quotidienne des étudiants.
Ayoub Ait Behi a souligné dans une déclaration similaire que le véritable accomplissement résidait dans le fait de permettre à ces femmes de monter sur scène pour la première fois, notant que le prochain défi serait de présenter cette pièce en dehors des murs de l’institut.
De son côté, l’une des travailleuses participantes à la pièce, Zhor Teftaf, a exprimé sa fierté en affirmant : « L’idée semblait difficile, et je n’avais aucune expérience en théâtre, mais avec les répétitions qui ont commencé avec nous depuis le début, le stress s’est dissous et s’est transformé en courage. »
Zhor Teftaf a confirmé la volonté du groupe de poursuivre cette aventure artistique, ajoutant : « Étant donné que nous avons commencé cette expérience avec succès, nous sommes prêtes à présenter la pièce une deuxième, une troisième et même une dixième fois dans d’autres endroits. »




