Economie

Avis du Conseil de la Concurrence sur le marché des moulins : Des moulins ayant cherché à bénéficier de manière illégitime des quotas de soutien.

La filière meunière nationale au Maroc fait face à d’importants défis structurels liés à une capacité de production historiquement excessive, avec une capacité de broyage annuelle de 106 millions de quintaux, tandis que la production réelle n’excède pas 55 millions de quintaux.

Cet écart significatif entre la capacité de production et la production effective, selon le Conseil de la concurrence, indique qu’il existe de nombreuses problématiques dans le secteur, dont une partie est attribuable au soutien accordé à la farine nationale à partir de blé tendre, qui a favorisé l’émergence de plusieurs moulins industriels cherchant à obtenir une part de ce marché subventionné.

De plus, certains moulins ont cherché à gonfler artificiellement leur capacité de production afin de maximiser leurs chances de bénéficier des quotas liés aux capacités instaurées.

La situation s’est encore aggravée en raison de la forte baisse des quotas de soutien aux céréales au cours des dernières années, passant de 13 millions de quintaux à entre 6 et 7 millions de quintaux, ce qui a conduit de nombreux moulins à ne pas pouvoir exploiter l’intégralité de leur capacité.

Face à cette réalité, certains moulins ont affiché des niveaux de production très faibles, n’excédant parfois pas 2000 quintaux par mois. Ce problème ne se limite pas au Maroc, d’autres pays ont également rencontré des défis similaires dans ce domaine et ont mis en place des stratégies pour les surmonter.

Dans ce contexte, le Conseil de la concurrence considère qu’il est essentiel que les autorités marocaines envisagent des possibilités d’amélioration de la régulation et du contrôle dans le secteur des moulins, tout en s’inspirant des expériences d’autres pays comme la France et la Turquie.

En France, des restrictions sur la construction de nouveaux moulins ont été imposées depuis 1930 pour limiter le surplus de production, afin d’éviter la concurrence déloyale et la forte chute des prix, ce qui aurait un impact négatif sur les entreprises en place.

Grâce à ces politiques, le marché a été rationalisé, garantissant une stabilité de la production et une plus grande compétitivité pour les moulins actifs.

D’autre part, la Turquie a réussi à atténuer l’impact du surplus de production sur le marché local et à diriger une partie de sa production vers l’exportation pour profiter des opportunités créées par la demande mondiale.

Cette stratégie a contribué à la stabilité de l’industrie locale et à l’augmentation des revenus des moulins, tout en allégeant la pression sur le marché intérieur.

Dans ce cadre, le Conseil de la concurrence estime qu’il est crucial de prendre ces expériences en compte lors de l’élaboration des politiques futures pour le secteur des moulins au Maroc. Il convient de mettre en œuvre des mécanismes de régulation du marché et de contrôle des capacités de production des moulins, ce qui contribuerait à stabiliser le secteur et à établir un équilibre entre l’offre et la demande sur le marché intérieur, tout en soutenant les exportations de farine lorsqu’il existe des opportunités mondiales.

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