Colloque scientifique à Chefchaouen sur la cohésion de la famille marocaine face aux transformations sociétales.

La ville de Chefchaouen a accueilli une conférence scientifique nationale organisée par l’Association de protection de la famille marocaine, en partenariat avec le ministère de la Solidarité, de l’Insertion sociale et de la Famille, sur le thème « La famille marocaine et les voies de la cohésion à l’heure des grandes transformations », avec la participation d’acteurs de divers domaines.
L’objectif de la conférence était d’échanger des visions et des idées sur les défis auxquels la famille marocaine fait face, dans un contexte de transformations sociales, économiques et culturelles rapides, tout en soulignant l’importance d’un dialogue constructif pour formuler des propositions pratiques qui renforcent la stabilité familiale.
Les participants ont mis en lumière le rôle des valeurs positives dans la réalisation de la cohésion familiale, considérées comme une pierre angulaire du bien-être psychologique, social et économique, tout en mettant en garde contre des menaces croissantes telles que l’augmentation des taux de divorce et la propagation de la pauvreté, ainsi que le recul de certains rôles traditionnels de la famille.
Les intervenants, provenant de spécialités variées telles que le droit, la religion, la psychologie et les sciences de l’éducation, ont souligné la nécessité d’adopter une vision intégrée pour relever ces défis, fondée sur la formation de citoyens responsables, la construction d’une famille stable et d’une société équilibrée, tout en renforçant la capacité de la famille à s’adapter aux transformations sans compromettre ses valeurs fondamentales.
Dans ce contexte, la présidente de l’Association de protection de la famille marocaine, section de Chefchaouen, Hanan Qreish Alami, a indiqué que le sujet de la conférence revêt une importance actuelle et future, en raison de l’interconnexion de ses dimensions religieuses, juridiques, psychologiques et éducatives. Elle a souligné que les transformations économiques, sociales, culturelles et numériques ont eu un impact direct sur la structure de la famille marocaine, qui est pour beaucoup passée à un modèle de famille nucléaire, avec les défis multiples que cela entraîne.
Elle a également précisé que l’organisation de cette conférence s’inscrit dans une tradition annuelle qui coïncide avec la célébration de la Journée internationale des femmes, et vise à susciter des discussions sociétales sur les questions familiales et à sensibiliser à l’importance de la cohésion familiale.
De son côté, le représentant du Conseil scientifique de Chefchaouen, Abdelaziz Moudden, a abordé le sujet « La famille dans l’Islam, principes et enseignements », soulignant que les valeurs islamiques reposent sur la compassion et l’empathie au sein de la famille, favorisant ainsi la stabilité et l’apaisement entre ses membres, tout en insistant sur l’importance de maintenir ces valeurs face aux transformations contemporaines.
Pour sa part, l’activiste politique et des droits de l’homme, Fatima Zahra Cheikh, a proposé une analyse sociologique et juridique des transformations que connaît la société marocaine, faisant état du passage de la famille élargie à la famille nucléaire, et affirmant que la Constitution marocaine accorde une grande importance à la protection de la famille en tant que cellule de base de la société, appelant à l’adoption de politiques publiques proactives pour soutenir sa cohésion.
Dans une intervention d’ordre psychologique, le spécialiste en psychologie, Ahmed Mattiili, a présenté les principaux changements affectant les liens familiaux, parmi lesquels l’augmentation des taux de divorce, l’affaiblissement de certaines valeurs, et l’influence des médias et des transformations culturelles, appelant à renforcer la sensibilisation familiale pour faire face à ces défis.
La conférence s’est clôturée par des recommandations visant à promouvoir la culture de la sensibilisation au sein de la société, et à renforcer la coopération entre différents acteurs, notamment les institutions nationales, la société civile et les médias, afin de soutenir les politiques publiques destinées à la famille, tout en l’aidant à s’adapter aux transformations rapides, en particulier numériques, tout en préservant les valeurs et l’identité culturelle marocaines.




