Régions

Élections des journalistes… ou test de soumission ?

Il semble que certains candidats aux élections de journalistes aient découvert un raccourci vers la démocratie : au lieu de convaincre les journalistes, il suffit de convaincre ceux qui détiennent les clés de l’entreprise !

Dans cette nouvelle édition des « élections professionnelles », le candidat n’est plus tenu de présenter un programme, de défendre une vision ou de convaincre ses collègues de sa capacité à les représenter. Il lui suffit d’obtenir une bénédiction professionnelle, puis d’attendre que les instructions parviennent aux journalistes, prêtes, estampillées, et peut-être même accompagnées de la mention : « Veuillez exécuter ».

Ainsi, un nouveau type de candidat est apparu : un candidat qui n’a pas besoin de faire campagne, car sa campagne est orchestrée de manière supérieure.

Ces candidats ne semblent pas tant en concurrence avec leurs collègues qu’en compétition pour la bienveillance des personnes influentes. Aucun programme à discuter, aucune idée à confronter, aucune compétence à tester ; juste une approbation, des directives et une attente des résultats.

Il est amusant de constater que certains de ces candidats aspirent à entrer par la grande porte pour représenter les journalistes, alors qu’ils semblent en réalité avoir atteint le seuil de la porte grâce à une clé qui n’était pas dans leur poche.

Quelle démocratie est-ce où le candidat se réjouit qu’une autre personne l’ait choisi avant que les journalistes ne l’aient fait ?

Et quelle représentation professionnelle est-ce que celle où le candidat débute sa campagne électorale en tant que favori, avant même de prouver qu’il mérite d’être un représentant ?

Il est d’autant plus pathétique de voir certains aspirants à la représentation professionnelle se transformer en quasi-candidats de soutien : ils n’ont pas besoin de convaincre la base, car il y a quelqu’un pour diriger celle-ci vers eux.

Au lieu que le journaliste se demande : « Qui est le meilleur ? », il doit désormais se demander : « Qui a été recommandé ? ».

Au lieu de rivaliser pour la confiance de leurs collègues, certains candidats commencent à rivaliser sur un terrain bien plus facile : la confiance des décideurs au sein des entreprises.

Pourtant, les élections ne sont pas un livret d’instructions dans une organisation, et les journalistes ne sont pas des employés devant exécuter une « recommandation électorale ».

Le candidat qui a besoin de l’autorité du directeur pour obtenir les voix des journalistes pourrait être simplement interrogé ainsi :

Si tu ne peux pas convaincre les journalistes avec ta propre voix, comment pourras-tu les persuader que tu mérites leur voix ?

C’est précisément ici que la question devient satirique au point du grotesque.

Quant à certains candidats qui se transforment en « produit électoral » nécessitant uniquement une campagne de distribution au sein des entreprises, cela ne produit pas des représentants des journalistes, mais quelque chose de tout à fait différent :

Une image terne d’un candidat attendant que les voix lui parviennent comme le font les instructions… d’en haut.

Enfin, la question embarrassante demeure :

Veulent-ils réellement représenter les journalistes, ou cherchent-ils simplement à obtenir le titre de « représentant des journalistes » ?

La différence entre ces deux aspects est énorme…

Et l’urne électorale est seule capable de le révéler.

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