Mémorandum ardent des pharmaciens au Conseil de la Concurrence : rejet catégorique de l’ouverture du capital des pharmacies et mise en garde contre les menaces sur la sécurité médicamenteuse.

La Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc a soumis une note officielle au président du Conseil de la concurrence, dans laquelle elle s’oppose aux recommandations relatives à la restructuration du modèle des pharmacies, en particulier la proposition d’ouvrir leur capital à des investisseurs extérieurs au secteur.
Dans cette note, il est précisé que cette orientation, selon les professionnels du secteur, ne s’inscrit pas dans un véritable processus de réforme, mais menace la structure actuelle des pharmacies et les expose à des risques de concentration et de monopole, avec la possibilité de fermeture d’un grand nombre de pharmacies indépendantes et de perte de milliers d’emplois.
La confédération a souligné que les positions de rejet de cette orientation avaient déjà été exprimées lors des différentes phases de dialogue et ont été réaffirmées par une manifestation nationale organisée le 9 avril 2026 devant le Conseil de la concurrence, considérant que sa position est « officielle, fondée et étendue ».
Concernant le contenu des recommandations, la note insiste sur le fait que le développement des services pharmaceutiques ne nécessite pas de changer la nature de la propriété des pharmacies, mais exige plutôt de renforcer le rôle du pharmacien dans le système de santé et de mettre en œuvre les accords sectoriels antérieurs, en plus d’améliorer la formation et d’organiser le marché du médicament.
La confédération a également averti des conséquences de l’ouverture du capital, estimant que cela pourrait conduire à transformer les pharmacies en entités purement commerciales, avec une concentration du marché et un affaiblissement des pharmacies de proximité, ce qui pourrait avoir des répercussions négatives sur l’équité territoriale et la sécurité des approvisionnements en médicaments.
La note a noté qu’une partie des déséquilibres du secteur est liée à l’organisation de la distribution des médicaments, appelant à l’activation des lois actuelles et à la lutte contre la vente en dehors des pharmacies, en plus de réformer le système de formation et d’orienter les ressources humaines vers les besoins du secteur.
La confédération a fondé sa position sur des dispositions constitutionnelles garantissant le droit à la santé et la continuité du service public, affirmant que toute réforme doit se faire dans un cadre participatif préservant l’équilibre entre la liberté d’investir et l’intérêt public.
La confédération a conclu sa note en réaffirmant son ouverture au dialogue, tout en maintenant son refus catégorique des recommandations d’ouverture du capital des pharmacies, et en appelant à une réforme qui préserve le rôle de la pharmacie en tant qu’établissement de santé proche du citoyen.




