Iran et États-Unis échangent des frappes : la fermeture du détroit d’Hormuz menace l’économie mondiale

Téhéran a annoncé dimanche la fermeture du détroit d’Ormuz après avoir ciblé par des missiles et des drones des bases militaires américaines dans les pays du Golfe voisins, et ce, au lendemain de nouvelles frappes menées par les États-Unis sur des zones de la côte iranienne qu’ils ont qualifiées de réponse à l’attaque des Gardiens de la Révolution contre un cargo traversant le détroit d’Ormuz.
Des journalistes de l’Agence France-Presse ont rapporté avoir entendu des sirènes d’alerte et des détonations au Qatar, aux Émirats Arabes Unis et à Bahreïn, dans ce qui constitue une nouvelle escalade susceptible de compromettre le mémorandum d’entente signé entre Téhéran et Washington à la mi-juin, visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
Dans ce contexte, le Pakistan, qui a facilité la médiation entre les deux pays, a appelé par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Ishaq Dar, à une « diminution des tensions » et a exhorté les parties impliquées dans le conflit à faire preuve de « retenue », lors d’un appel téléphonique avec son homologue iranien, Abbas Araqchi.
Le ministère pakistanais des Affaires étrangères a déclaré dans un communiqué postérieur à cet appel que « les deux parties ont échangé leurs points de vue sur les développements régionaux rapides », ajoutant que Dar « a également souligné que le dialogue et la diplomatie restent le seul moyen viable de résoudre les conflits et d’atteindre une paix et une stabilité durables dans la région ».
Avec l’accélération des événements au Moyen-Orient, le ministère américain de la Défense a annoncé que ses forces avaient mené des frappes contre l’Iran tôt dimanche, après que les Gardiens de la Révolution eurent attaqué un cargo battant pavillon chypriote, affirmant qu’il suivait un « itinéraire non approuvé » par la République islamique, via le détroit d’Ormuz.
Par ailleurs, des médias iraniens ont confirmé des explosions dans les villes de Bandar Abbas, Sirik, Jask et sur l’île de Qeshm, ainsi que dans la province de Khuzestan, à la frontière avec l’Irak, tandis qu’aucun rapport sur des victimes n’a pour l’instant été signalé.
Alors que les sirènes d’alerte ont retenti à Bahreïn, les Émirats et le Qatar ont annoncé avoir intercepté des attaques de missiles, tandis que la Jordanie a signalé que trois missiles iraniens étaient tombés sur son territoire.
Les Gardiens de la Révolution iranienne avaient précédemment annoncé avoir ciblé un cargo qui avait ignoré des instructions répétées de navigation conforme, selon l’agence de presse officielle iranienne (IRNA).
Le corps des Gardiens a déclaré : « À la suite de cet incident (…), le détroit d’Ormuz sera fermé jusqu’à nouvel ordre et jusqu’à la fin des interventions américaines dans la région, et aucun navire ne sera autorisé à le traverser ».
Bien qu’Iran ait indiqué avoir tiré des « coups de semonce » sur le navire, l’armée américaine a qualifié l’attaque de « flagrante », tandis que le commandement central américain (Centcom) a annoncé la disparition d’un membre de l’équipage après que le navire a subi des dommages dus à un incendie et à des dégâts sur la salle des machines.
À ce moment-là, les opérations de commerce maritime britanniques (UKMTO) ont confirmé que l’équipage du navire l’avait abandonné et avait pris place dans un canot de sauvetage, précisant que l’incident s’était produit à environ 17 kilomètres à l’est des côtes d’Oman.
La direction centrale américaine a déclaré via X : « En réponse à cela, les États-Unis imposent un coût élevé en continuant de saper la capacité de l’Iran à attaquer les marins civils et les navires commerciaux traversant le détroit ».
Centcom a fait état de frappes américaines dimanche sur environ 140 cibles militaires en Iran, à l’issue de la troisième vague de frappes réalisées cette semaine, tandis que le ministre de la Défense, Pete Hegseth, a brièvement mentionné sur les réseaux sociaux que la République islamique avait « fait un mauvais choix » en tirant sur un navire dans le détroit d’Ormuz, et qu’elle “paye maintenant le prix”.
Simultanément, les Gardiens de la Révolution ont affirmé qu’ils avaient répondu à ces frappes en ciblant des bases militaires utilisées par les États-Unis en Jordanie, au Koweït, à Bahreïn et au Qatar, via des missiles balistiques et des drones.
– Un détroit vital –
Des inquiétudes concernant une recrudescence de la guerre ont émergé cette semaine, avec des attaques attribuées à l’Iran sur des navires dans le détroit d’Ormuz, auxquelles Washington a répondu par des bombardements de cibles iraniennes mercredi et jeudi. Téhéran a riposté par des missiles et des drones qu’il a affirmé avoir ciblés des bases militaires américaines au Koweït, à Bahreïn, au Qatar et en Jordanie.
Ces frappes répétées menacent de faire voler en éclats le mémorandum d’entente américano-iranien, médié par le Pakistan et le Qatar, visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, qui a éclaté après une attaque américano-israélienne contre l’Iran le 28 février, lors de laquelle de hauts responsables, dont le Guide suprême de la République islamique, Ali Khamenei, ont été tués. Ce dernier a été inhumé jeudi dans la ville de Machhad.
L’avenir du détroit d’Ormuz constitue un point épineux dans tout accord final, Téhéran soutenant que la navigation maritime dans cette zone ne reviendrait pas à la normale, mais devrait être sous sa supervision, ce qui pourrait inclure l’imposition de « frais de service » pour y transiter, ce que de nombreux pays, y compris les États-Unis, rejettent.
La fermeture du détroit, vital pour les exportations de pétrole et de gaz de la région du Golfe, a eu des répercussions lourdes sur l’économie mondiale, faisant grimper les prix du brut et contraignant les pays à puiser dans leurs réserves stratégiques de pétrole.
– « Vengeance » –
Les dernières frappes interviennent alors que le nouveau Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, s’est engagé à « se venger » du sang de son père, l’ancien Guide suprême Ali Khamenei, assassiné le premier jour de la guerre américano-israélienne contre l’Iran, quelques heures après que Trump a menacé d’une réponse écrasante si une tentative de son assassinat était tentée.
Le président américain a annoncé la fin du cessez-le-feu, tout en laissant la porte ouverte à la reprise des pourparlers, notamment alors que les médiateurs s’efforcent de sauver le processus diplomatique.
Dans un message daté de vendredi et dont le texte a été publié par l’agence de presse officielle (IRNA) samedi, Khamenei a déclaré : « Nous faisons le serment de venger ton sang pur (…) cette vengeance est la volonté de notre nation et elle est inévitable. »
Trump a menacé via sa plateforme Truth Social qu’une tentative d’assassinat le conduirait à « écraser entièrement l’Iran ».




