Rapport de la Cour des comptes 2024-2025 : Quitus accordé à 95 % des comptables, déficit technique en matière de retraite de 7,2 milliards de dirhams, et transmission de 20 dossiers au parquet.

Le Conseil supérieur des comptes a publié son rapport comprenant un état de ses activités et celles des conseils régionaux des comptes pour la période 2024-2025. Ce rapport a été publié dans le Journal officiel numéro 7476, daté du 3 chaabane 1447, correspondant au 23 janvier 2026.
Dans un communiqué ce mercredi, le Conseil a indiqué que la publication de ce rapport s’inscrit dans le cadre des Hautes directives de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, visant à garantir que le Conseil supérieur des comptes remplit ses missions constitutionnelles, notamment en matière de contrôle supérieur sur les finances publiques, ainsi que dans le domaine du renforcement et de la protection des principes et valeurs de bonne gouvernance, de transparence et de responsabilité, conformément aux dispositions de l’article 148 de la Constitution du Royaume.
Le même source a ajouté qu’afin d’améliorer continuellement le contenu de son rapport annuel et d’augmenter sa lisibilité, compte tenu de son importance cruciale pour faciliter son utilisation par les gestionnaires des affaires publiques et les parties prenantes, et d’enrichir le débat public sur la gestion des affaires publiques, le rapport 2024-2025 a été structuré en trois sections, tenant compte des missions et compétences des juridictions financières.
La première section (concernant les compétences liées à l’établissement du principe de responsabilité et de reddition de comptes) présente un état des travaux de ces juridictions en matière de compétences relatives à ce principe, tandis que la deuxième section traite des efforts pour améliorer la gestion publique, et la troisième et dernière section est consacrée aux activités de soutien et de coopération internationale.
Ainsi, le premier chapitre de la première section couvre les activités judiciaires, c’est-à-dire l’audit et le jugement des comptes ainsi que la discipline relative au budget et aux affaires financières, où il détaille les résultats des activités des juridictions financières, y compris celles du ministère public, concernant ces deux compétences d’une part, et les principales conclusions tirées des jugements et décisions rendues dans ce cadre d’autre part, dans le but d’attirer l’attention des gestionnaires publics afin d’éviter d’éventuelles erreurs.
En matière de jugement des comptes présentés par les comptables publics, les juridictions financières ont rendu, pour la période 2024-2025, un total de 4 452 décisions et jugements définitifs, dont 4 235 décisions et jugements d’acquittement (95 %), et 217 décisions et jugements (5 %) déclarant un déficit global de 57 882 097,54 dirhams. Ces juridictions ont également noté le recouvrement par les entités concernées d’un montant total de 16 433 633,29 dirhams avant la publication des décisions ou jugements définitifs concernant les comptes en question.
Concernant la discipline budgétaire et financière, le Conseil et les conseils régionaux des comptes ont rendu, durant la même période, un total de 99 décisions et jugements, dont 72 avec des amendes totalisant 4 139 000,00 dirhams, en plus d’un jugement ordonnant le remboursement d’un montant total de 1 151 676,40 dirhams.
D’après le communiqué, les juridictions financières ont enregistré que plusieurs entités publiques ont pris, dès réception des observations préliminaires et avant l’épuisement des procédures connexes, des mesures correctives ayant eu un impact financier positif évalué à environ 629,2 millions de dirhams, ainsi que d’autres impacts d’ordre managérial, social ou environnemental.
À cet égard, entre 2024 et le 30 septembre 2025, le procureur général auprès du Conseil supérieur des comptes a transmis au procureur général près de la Cour de cassation – président du ministère public – vingt affaires pouvant justifier des sanctions pénales. Ces affaires concernaient 20 entités, dont six entités publiques de l’État, 13 collectivités territoriales (sur 1590, soit un taux de 0,8 %) et une association.
Le deuxième chapitre de la première section présente un bilan des activités de réception, de suivi et de contrôle des déclarations obligatoires de patrimoine. À cet égard, le communiqué a mentionné que grâce à plusieurs mesures prises, le Conseil a pu gérer de manière plus efficace les opérations de réception et de suivi de la conformité des obligations de déclaration de patrimoine. Il a recensé un total de 8 116 assujettis n’ayant pas rempli leur obligation de déclaration de début et de fin de mandat pour les fonctionnaires et agents publics, parmi lesquels 39 % ont obéi suite à des avertissements adressés par les autorités gouvernementales compétentes, tandis que 61 % n’ont toujours pas respecté leur obligation de dépôt. Les juridictions financières entament, à cet égard, des procédures d’avertissement à l’encontre des assujettis négligents soit concernant l’obligation de déclaration initiale soit concernant l’obligation de renouvellement ou de déclaration finale.
La deuxième section présente également un résumé du rapport du Conseil concernant l’audit des comptes annuels des partis politiques et l’examen de la légitimité de leurs dépenses au titre du soutien public accordé pour l’année budgétaire 2023 en vue de couvrir leurs frais de gestion et d’organisation de leurs congrès nationaux ordinaires, rapport publié en mai 2025 et largement diffusé.
Le Conseil a constaté la poursuite des opérations de restitution des montants de soutien non utilisés ou non justifiés au trésor public par 24 partis. Jusqu’au 15 novembre 2025, un total de 36,03 millions de dirhams a été récupéré, tandis que les montants non encore restitués par 14 partis s’élèvent à un total de 21,85 millions de dirhams.
Concernant le troisième chapitre de la première section, il traite des principales conclusions résultant des travaux du Conseil supérieur des comptes et des conseils régionaux des comptes dans le domaine du suivi de l’exécution des recommandations émises par ceux-ci, afin de garantir un impact durable des actions de contrôle des juridictions financières.
À cet égard, pour les recommandations devant être mises en œuvre avant la fin de 2025, le taux des recommandations pleinement exécutées est de 40 %, tandis que 44 % sont en cours de réalisation et 16 % n’ont pas encore été démarrées pour des raisons tenant au fait que certaines recommandations nécessitent un engagement plus large des différentes parties concernées par leur mise en œuvre, et un renforcement de la coordination entre elles, afin de garantir l’atteinte de l’impact attendu, notamment sur les plans social et économique.
La deuxième section du rapport annuel du Conseil contient les principaux résultats des travaux des juridictions financières liés aux fonctions d’évaluation et de contrôle des projets et programmes qui visent, à travers leurs recommandations, à améliorer la gestion des affaires publiques, en synergie avec les travaux liés à la fonction répressive des juridictions financières.
Le premier chapitre de cette section présente les résultats du suivi de cinq chantiers majeurs dans lesquels le Royaume est engagé, concernant la protection sociale, l’investissement, les énergies renouvelables, les institutions et entreprises publiques, ainsi que les prélèvements fiscaux.
Le communiqué a souligné que ce suivi consacre l’approche mise en place par le Conseil depuis trois ans, qui a eu un impact tangible sur l’accélération de la mise en œuvre des chantiers suivis, tout en constituant également une source d’alerte à propos de plusieurs risques qui pourraient limiter l’atteinte des objectifs visés, notamment ceux liés à la gouvernance et au financement.
Le deuxième chapitre présente les résultats de cinq missions d’évaluation de programmes et projets publics, dans les domaines de la réduction des inégalités territoriales et sociales, de la sécurité routière, du développement de la formation professionnelle de base, de la mobilisation des ressources en eau non conventionnelles, et de l’efficacité de la performance. Ce chapitre commence par des points significatifs issus des réflexions du Conseil sur le suivi des programmes et projets intégrés de développement, mettant en avant la nécessité d’une bonne prise en charge des problématiques et des besoins de chaque territoire et les spécificités de ceux-ci en termes socio-culturels, ainsi que la nécessité d’un travail collectif entre les différents acteurs institutionnels et d’une utilisation optimale des expertises et compétences disponibles à l’échelle locale, tout en établissant un système rigoureux de direction, de suivi et d’évaluation pour assurer l’impact effectif de ces programmes.
Le troisième chapitre concerne le contrôle de la gestion, présentant dix-sept recommandations, élaborées grâce à la valorisation des résultats de 176 missions de contrôle, dont 159 ont été réalisées par les conseils régionaux des comptes. Ces recommandations ont été classées dans le rapport annuel selon une approche sectorielle/thématique, englobant les secteurs financier, social et culturel, les secteurs productifs, ainsi que des sujets relatifs au développement territorial et à la gestion des services publics locaux.
Ce chapitre contient également plusieurs points d’attention concernant les finances publiques, le Conseil नोटant que les défis sociaux et conjoncturels, ainsi que les besoins de financement des projets et chantiers en cours et programmés, pourraient accroître la pression sur les contraintes budgétaires, d’où la nécessité d’innover dans la mobilisation des financements et de développer plus efficacement les partenariats entre les secteurs public et privé.
Le Conseil a de nouveau souligné l’urgence d’accélérer le rythme de réforme du système de retraite pour éviter toute répercussion négative sur la durabilité de ce système, ainsi que sur les finances publiques à moyen et long terme, compte tenu de la situation actuelle du régime des retraites civiles, qui a enregistré un déficit technique de 7,2 milliards de dirhams à la fin de l’année 2024, avec des risques d’épuisement de ses réserves d’ici 2030.
Le quatrième chapitre de la deuxième section présente deux conclusions synthétiques des travaux des cinq chambres sectorielles du Conseil (10 missions) et des douze conseils régionaux des comptes (156 missions) dans le domaine du contrôle de la gestion, y compris des travaux réalisés selon une méthodologie de contrôle intégré.
Ces conclusions exposent notamment les organismes contrôlés durant la période 2024-2025, ainsi que les principales observations et recommandations résultant de ces travaux, tout en soulignant les principaux impacts de certains d’entre eux, dans leurs dimensions financière, managériale, sociale et environnementale.
Quant au troisième chapitre du rapport annuel, il se compose de deux sections ; la première traite des activités de soutien des juridictions financières dans les domaines liés aux ressources financières et humaines, à la développement des compétences, à la transformation numérique, ainsi qu’à la gestion administrative, tandis que la seconde présente les activités du Conseil dans le cadre de la coopération internationale, tant multilatérale que bilatérale.
Le communiqué a également mentionné que le rapport annuel du Conseil supérieur des comptes pour la période 2024-2025 peut être téléchargé sur le site officiel du Secrétariat général du gouvernement : www.sgg.gov.ma, ainsi que sur le site officiel du Conseil supérieur des comptes : www.courdescomptes.ma. Les principales rubriques de ce rapport, en arabe et en français, peuvent également être téléchargées depuis le site officiel du Conseil supérieur des comptes : www.courdescomptes.ma.




