Santé

Les ophtalmologistes du secteur privé lancent une alerte sanitaire : exigence de réformes urgentes pour protéger la vue au Maroc.

Le bureau national du Syndicat national des médecins ophtalmologistes du secteur privé au Maroc (SNOLM) a tenu une conférence de presse à Rabat, au cours de laquelle il a présenté un diagnostic précis de la situation de la médecine ophtalmologique au royaume en 2026, en soumettant un ensemble de demandes et de réformes jugées « urgentes et nécessaires » pour protéger la santé des citoyens et améliorer la qualité des soins visuels.

Le syndicat a affirmé que cette rencontre ne s’inscrit pas dans une démarche de « plaintes professionnelles », mais constitue un diagnostic institutionnel fondé sur des données de terrain, visant à mettre en lumière les déséquilibres structurels qui affectent le secteur. Il appelle à un dialogue national responsable entre les différents acteurs de la santé.

Le syndicat a mis en évidence des problèmes majeurs, notamment ce qu’il qualifie de proliferation de campagnes chirurgicales illégales en ophtalmologie, organisées en dehors des cadres réglementaires, profitant du système d’assurance maladie obligatoire. Il met en garde contre les dangers qu’elles représentent pour la sécurité des patients et les complications graves, pouvant aller jusqu’à la perte de la vue, ainsi que leur impact sur l’équilibre financier du système d’assurance santé.

Le syndicat a également critiqué le gel du tarif national de référence depuis 2006, estimant que cette situation n’est plus adaptée aux avancées technologiques considérables dans le domaine de l’ophtalmologie, ainsi qu’à l’augmentation des coûts des équipements et des services médicaux. Il exige une révision complète et urgente des tarifs, en adéquation avec la réalité économique et médicale actuelle.

Concernant les greffes de cornée, le syndicat a indiqué que le Maroc a besoin chaque année de milliers d’opérations, alors qu’un nombre très limité est réalisé, principalement dans un seul établissement, avec une grande dépendance à l’importation de cornées. Il appelle à la création de banques nationales de tissus et à l’élargissement des possibilités d’importation pour les établissements qualifiés, en plus de renforcer le don de tissus.

Il a également plaidé pour un accès généralisé aux injections intraoculaires anti-facteur de croissance endothélial vasculaire (Anti-VEGF) pour traiter des maladies visuelles graves, réclamant une accélération de l’autorisation légale de certains médicaments approuvés au niveau international, afin de réduire les coûts et d’améliorer l’accès au traitement.

Sur un autre plan, le syndicat a souligné la nécessité d’introduire un examen visuel obligatoire pour les enfants lors de leur entrée à l’école primaire, considérant cela comme une mesure préventive simple et d’un grand impact sur la réussite scolaire et la santé visuelle.

Il a aussi demandé à établir une concurrence loyale au sein du secteur, à uniformiser l’application des lois professionnelles et à mettre en place un cadre réglementaire clair pour la publicité médicale et la communication média, afin d’assurer l’égalité des chances et de protéger l’éthique de la profession.

Le syndicat a réaffirmé son engagement dans les grandes réformes du système de santé au Maroc, notamment le projet de couverture santé universelle, appelant à un dialogue national global entre les autorités publiques, les caisses d’assurance et les organismes professionnels, afin de concrétiser des solutions pratiques et durables.

Il a conclu son communiqué en réaffirmant son engagement à défendre la qualité des soins visuels et à préserver la dignité des patients, tout en œuvrant pour un système de santé plus équitable et efficace, répondant aux attentes des citoyens au Maroc.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page