La transformation numérique des prisons : gestion des données des détenus et télémédecine au cœur de la réforme.

Le délégué général à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion, Mohamed Saleh Tamak, a déclaré aujourd’hui, mercredi, à Rabat, que la transformation que connaît le secteur de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion, grâce à l’adoption de méthodes technologiques, ouvre des perspectives prometteuses pour construire de nouveaux modèles de gestion plus efficaces et plus humains.
Tamak a précisé, dans une allocution lors de l’ouverture du premier congrès international sur la conception et la technologie des prisons 2026 (PDTC-2026), que cette transformation dans le secteur pénitentiaire pose des défis de plus en plus complexes, notamment en ce qui concerne la durabilité des systèmes numériques, l’accompagnement du développement rapide des technologies, le renforcement des systèmes de cybersécurité, ainsi que le besoin de former les ressources humaines pour accompagner ce changement.
Il a ajouté que l’enjeu actuel consiste à construire un système pénitentiaire moderne basé sur l’innovation, soutenu par une infrastructure développée, des technologies avancées, et dont l’objectif principal est de protéger la dignité humaine tout en améliorant l’efficacité des programmes de réhabilitation et de réinsertion.
Tamak a également affirmé que le choix du Maroc pour accueillir ce congrès est une preuve de la confiance dont bénéficie désormais l’expérience de la délégation générale en matière de gestion pénitentiaire et de réinsertion. Ce rendez-vous revêt une importance particulière car il s’agit du premier congrès de ce type organisé sur le continent africain, ce qui en fait un jalon important pour renforcer la présence africaine dans les débats internationaux sur la réforme des systèmes pénitentiaires.
Le délégué général a souligné que la gestion des institutions pénitentiaires fait face, à l’échelle internationale, à des contraintes structurelles imbriquées, qui reflètent des transformations profondes que connaît le monde, telles que la problématique de la surpopulation carcérale, le défi du manque d’attrait des métiers pénitentiaires, ainsi que certaines formes de stigmatisation sociale que rencontre le secteur, touchant non seulement les détenus, mais aussi les institutions pénitentiaires elles-mêmes.
Tamak a insisté sur le fait que faire face à ces différents défis et contraintes nécessite de développer l’infrastructure en concevant des établissements pénitentiaires respectant les normes internationales des droits humains en matière d’espace et de conditions d’hébergement, ainsi qu’en adoptant des approches architecturales visant à réduire les tensions à l’intérieur des prisons à travers l’éclairage naturel et des espaces ouverts, tout en prenant en compte les exigences de durabilité dans la gestion des ressources énergétiques et hydriques.
Il a également appelé à adopter des modes de gestion fondés sur l’innovation, permettant d’atteindre l’efficacité et la flexibilité, ainsi que de répondre aux divers besoins des détenus, et à utiliser la numérisation pour améliorer le suivi des conditions des prisonniers. Il considère que ces solutions contribueront à développer la gestion pénitentiaire et les programmes de réhabilitation, à réduire les taux de récidive et à renforcer les chances de réinsertion sociale et économique des détenus après leur libération.
Dans ce contexte, Tamak a souligné que le Maroc s’est engagé dans un processus de réforme profond et intégré visant à moderniser le système pénitentiaire selon une vision stratégique clairement définie, en cohérence avec l’attention soutenue que Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, porte au secteur de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion. Il a réaffirmé la détermination de la délégation générale à mettre en œuvre cette vision stratégique à travers des réformes structurelles profondes.
Il a présenté certaines des réformes et programmes mis en œuvre par la délégation, parmi lesquels la mise en place d’un système numérique intégré, le recours à la télémédecine, et le jugement à distance comme moyens d’accélérer le traitement des affaires, la modernisation du système de sécurité par l’intégration de technologies avancées, l’établissement de départements numériques et de plateformes éducatives interactives au niveau de la réhabilitation, ainsi que le renforcement des moyens d’intervention et de contrôle grâce à des équipements modernes et sophistiqués.
Enfin, il a indiqué qu’un projet était en cours pour créer une plateforme numérique nationale commune et sécurisée réunissant différents partenaires concernés par la mise en œuvre de la politique criminelle au Maroc, permettant ainsi d’améliorer la coordination et l’échange d’informations de manière instantanée et efficace, et d’ancrer une gouvernance intégrée basé sur l’interaction entre les différents acteurs institutionnels.
Tamak a exprimé son espoir que ce congrès international représente un véritable espace d’échange d’expériences et de savoir-faire, permettant d’élaborer des recommandations pratiques et des approches communes capables de relever les défis posés par ce secteur aux niveaux régional et international. Il a salué le choix du thème du congrès, qui reflète une prise de conscience croissante de l’importance de l’innovation et de la technologie comme leviers essentiels pour moderniser le secteur de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion.
Le congrès, organisé par la délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion en partenariat avec l’Association internationale des établissements pénitentiaires, se déroule jusqu’au 24 avril courant sous le thème « Repenser les prisons à travers l’innovation, l’infrastructure et la technologie pour construire un avenir humain et résilient ». Ce sont des leaders, experts et praticiens du secteur pénitentiaire impliqués dans le développement efficace des institutions pénitentiaires qui s’y réunissent pour élaborer des solutions efficaces dans ce domaine.
Cet événement discutera des problématiques auxquelles de nombreux pays font face aujourd’hui, concernant la manière de moderniser les infrastructures pénitentiaires tout en renforçant la sécurité, protégeant la dignité humaine et garantissant leur résilience face aux pressions qu’elles subissent.




