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La ville de Rabat célèbre la Journée mondiale des droits de l’homme avec un séminaire sur le Maroc post-31 octobre.

À l’occasion de la Journée mondiale des droits de l’homme, la ville de Rabat a accueilli, samedi, une conférence nationale organisée par l’Association de défense des droits de l’homme sous le thème : « Que voulons-nous du Maroc après le 31 octobre ? ». Cet événement était consacré à la discussion des perspectives d’un Maroc souhaité à la suite de la résolution onusienne 27/97, à travers des approches intellectuelles, juridiques et politiques multiples.

La conférence a vu la participation des membres du comité scientifique de l’association, ainsi qu’une sélection de chercheurs, d’académiciens et d’acteurs des droits humains. Les travaux ont été ouverts par une allocution du président de l’association, l’avocat Lahbib Hajji, qui a souligné l’importance d’un débat public responsable sur les grandes questions nationales, et la nécessité de lier les droits et libertés à la question de la construction démocratique et du développement global.

La première session scientifique, animée par Saïd Al Anzi Tashfin, a été marquée par la présentation de cinq interventions qui ont abordé les fondements du Maroc après le 31 octobre sous divers angles.

Le chercheur et président du Front national du pardon, Moulay Ahmed Al Dhiridi, a ouvert les interventions en insistant sur la nécessité d’engager de grandes réformes politiques comme condition essentielle pour bâtir un nouveau Maroc, s’appuyant dans son propos sur des fondements de la science politique et sur l’analyse de la structure de l’État.

De son côté, la chercheuse Amal Amili a examiné la question de la comparaison qualitative dans le cadre du nouveau contrat social, appelant à intégrer une approche de genre dans la construction d’une société marocaine moderne fondée sur des engagements clairs et équitables, selon une perspective sociologique qui prend en compte les transformations sociales actuelles.

Le chercheur Abdelkhalek Kallab a quant à lui consacré son intervention à la question de l’unité territoriale du royaume, évoquant la légitimité historique des tribus Sanhaja dans le sud du Maroc, de Souss à Chinguetti, jusqu’au Soudan occidental, en s’appuyant sur des sources historiques classiques telles qu’Ibn Abi Zar’ et Ibn Khaldoun, dans une analyse critique au service de la défense de l’unité territoriale du pays.

Dans une intervention à dimension sociale et psychologique, le chercheur Mohamed Khloufi, spécialiste de la psychologie de l’adolescence, a mis en lumière la réalité de la santé mentale au Maroc, mettant en garde contre la prolifération de troubles psychologiques variés, et soulignant que le véritable développement ne peut être atteint dans une société souffrant de déséquilibres psychologiques profonds, ce qui nécessite un investissement sérieux dans l’éducation et l’encadrement pour construire une société saine et préparée à accueillir les grands projets intellectuels.

La première session s’est clôturée par l’intervention du chercheur Ahmed Assid, qui a évoqué la symbolique de la résolution onusienne, la considérant comme un moment charnière mettant fin à une période durant laquelle le conflit régional alimentait les tensions et la séparation entre les peuples de la région. Il a également proposé une analyse critique de la toponymie et des déformations dont elle est victime, se basant sur les conventions internationales qui interdisent la falsification des noms géographiques, appelant à repenser le concept de stabilité dans la région, d’une stabilité fondée sur la force à une stabilité fondée sur la légitimité démocratique et la libération de l’individu de la logique de la peur et de la contrainte.

Après une brève pause, les travaux de la deuxième session scientifique ont débuté, présidés par le président de l’association Lahbib Hajji, avec la participation de plusieurs chercheurs et experts, parmi lesquels l’avocat et chercheur en sciences juridiques Mohamed El Hini, le chercheur en sciences politiques Abdelali Benliyass, la chercheuse en droit public et en sciences politiques Amina Aiyach, et l’avocat et président du Centre marocain pour la démocratie et la sécurité, Mustafa Manouzi. Leurs interventions ont été axées sur l’analyse de l’État et de la société, ainsi que sur la prospective des fondements du Maroc futur à la lumière des transformations politiques et des droits.

En clôture de la conférence, le modérateur de la deuxième session a présenté un résumé des travaux, avant d’ouvrir le débat public, qui a connu une large interaction de la part des participants, donnant lieu à une série de recommandations variées, reflétant la diversité des références intellectuelles et les différences de points de vue, tout en faisant consensus sur la nécessité de construire un Maroc basé sur la démocratie, les droits, la justice sociale et la légitimité politique.

Cette conférence s’inscrit dans la dynamique des droits et de la réflexion intellectuelle qui caractérise la scène nationale, visant à approfondir le débat public sur l’avenir du Maroc dans le contexte des transformations régionales et internationales actuelles.

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