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Le Observatoire marocain de la protection des consommateurs dénonce : Amende infligée à un café pour diffusion d’une chanson de Fairuz, un abus inacceptable.

Un procès-verbal a été dressé à l’encontre du propriétaire d’un café à Taza, simplement pour avoir diffusé une chanson de la chanteuse libanaise Fairuz dans son établissement, provoquant une vague de mécontentement parmi les professionnels et l’opinion publique. Cet incident est perçu comme une anomalie s’ajoutant à une série de contraintes auxquelles le secteur des cafés est confronté, dans un contexte économique difficile ne tolérant pas de pressions supplémentaires.

Le Observatoire marocain de la protection du consommateur, qui a suivi cet événement avec une vive inquiétude, a exprimé son fort désaccord avec l’application d’une approche répressive avant l’instauration d’une démarche de sensibilisation. À ses yeux, jouer de la musique douce dans un espace ouvert aux clients ne constitue pas un abus commercial justifiant une telle sévérité. Il a également rappelé que la loi sur les droits d’auteur a été établie principalement pour protéger la créativité et préserver la production artistique, et non pour provoquer des conflits inutiles avec une catégorie professionnelle qui lutte chaque jour pour sa survie face à la montée des coûts et au déclin du pouvoir d’achat des citoyens.

L’Observatoire a souligné que cibler les cafés de cette manière crée une perception inquiétante selon laquelle certaines entités cherchent à imposer des charges supplémentaires aux professionnels, plutôt que de les accompagner, de les encadrer et de clarifier le cadre légal régissant leur activité. Il n’est pas acceptable, selon leurs dires, que diffuser une chanson de Fairuz, symbole de la culture arabe, devienne un motif pour établir un rapport et engager des poursuites, alors que le secteur a besoin de stabilité, de clarté et de confiance, plutôt que de chocs inattendus.

Dans ce contexte, l’Observatoire marocain de la protection du consommateur a formulé un certain nombre de demandes urgentes, parmi lesquelles :

– L’arrêt immédiat de ce type de mesures jusqu’à ce qu’un cadre de communication clair soit établi avec les propriétaires de cafés ;
– La publication de guides officiels précis définissant ce qui est permis et ce qui est interdit, afin d’éviter que les professionnels ne soient exposés à des interprétations contradictoires ;
– L’adoption d’une approche progressive tenant compte de la réalité sociale et économique, car tout abus se répercutera directement sur le consommateur par une hausse des prix ou une baisse de la qualité des services.

L’Observatoire a également insisté sur le fait que protéger les droits des créateurs est indiscutable, mais cela ne doit pas se faire au détriment de la viabilité économique de milliers de professionnels, ni des milliers de familles dépendant directement de ce secteur. Selon l’Observatoire, l’équation doit être fondée sur l’équilibre entre les droits des artistes, les droits des professionnels et le droit du consommateur à un service stable et équitable.

L’Observatoire a conclu sa déclaration en lançant un appel clair à tous les intervenants pour qu’ils assument leurs responsabilités et révisent ce type de comportement qui nuit à la confiance dans l’administration et présente la loi comme un outil de selectivité et de répression, plutôt que comme un cadre pour organiser le marché de manière juste, équitable et respectueuse.

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