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Les Égyptiens se rendent aux urnes pour des élections législatives cruciales sous le régime d’al-Sissi.

Les Égyptiens se sont rendus aux urnes lundi pour voter lors d’élections parlementaires marquées par l’absence de compétition pour choisir leurs représentants à la Chambre des députés, après des mois d’élections du Conseil du Sénat qui se sont soldées par une victoire écrasante des partis proches du pouvoir.

Selon des analystes, ces élections revêtent une importance particulière, car elles sont les dernières avant l’expiration du troisième mandat du président Abdel Fattah al-Sissi en 2030, mandature qui devrait être la dernière pour lui. Cependant, le parlement issu de ces élections aura une importance exceptionnelle si Sissi souhaite modifier la Constitution pour prolonger son règne.

Les Égyptiens éliront, lundi et mardi, 568 des 596 députés, tandis que le président Sissi désignera les 28 autres.

Les résultats seront annoncés le 28 décembre prochain, et le nouveau parlement se réunira en janvier 2026.

Les sièges du parlement sont répartis entre des listes électorales partisanes fermées et des candidats individuels. La Constitution stipule qu’au moins 25 % des membres du parlement doivent être des femmes.

La « liste nationale pour l’Égypte », proche du gouvernement, domine les concurrents pour les sièges parlementaires, après avoir remporté la majorité écrasante aux élections du Conseil du Sénat tenues il y a quelques mois.

Cette liste, dirigée par le parti « Futur de la Patrie », comprend 12 partis, dont le nouveau parti « Alliance nationale » dirigé par l’ancien ministre Essam al-Jazzar et l’homme d’affaires proche de Sissi, Ibrahim al-Arjani.

Timothy Kaldas, chercheur à l’Institut pour la libération des politiques du Moyen-Orient, estime que « Sissi a besoin d’un parlement qu’il peut contrôler ».

Kaldas déclare à l’agence France Presse : « Si Sissi veut rester au pouvoir après 2030, le prochain parlement devra proposer les amendements constitutionnels nécessaires pour que cela soit possible. »

Le mandat de Sissi est prolongé jusqu’en 2030 conformément à des modifications constitutionnelles adoptées en 2019, qui ont augmenté la durée du mandat présidentiel de quatre à six ans.

Le régime égyptien fait face à des critiques tant locales qu’internationales en raison de ses pratiques en matière de droits humains et de liberté d’expression.

En 2022, le gouvernement a annoncé le lancement d’un « dialogue national » pour parvenir à un « consensus entre les forces politiques et stabiliser les fondations de l’État », mais la répression des opposants et des critiques de l’autorité se poursuit.

Les organisations de défense des droits estiment qu’il y a des dizaines de milliers de prisonniers politiques dans les prisons égyptiennes.

Le pays, englué dans les dettes, fait face à une crise économique que le gouvernement tente de gérer par des accords d’investissement et commerciaux avec des États du Golfe, en plus des prêts du Fonds monétaire international.

Sur le plan politique, l’Égypte a intensifié ses efforts ces derniers mois pour jouer un rôle de médiation afin de mettre fin aux troubles à Gaza, en Libye et au Soudan voisin.

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