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Monna Hachem : La classification de la « littérature féminine » isole les écrits des femmes dans un cadre distinct.

La romancière marocaine Mouna Hachem a souligné que la classification de la « littérature féminine » continue de soulever des problématiques liées à la représentation et à la justice symbolique. Elle estime que cette désignation réduit les écrits des femmes en les plaçant dans un cadre distinct de la littérature humaine générale.

Lors d’une intervention à une table ronde organisée dans le cadre du Salon international de l’édition et du livre, Hachem a expliqué que parler de « littérature féminine » donne l’impression qu’il existe une écriture propre aux femmes, par rapport à une « littérature universelle ». Elle a qualifié cela de « prison symbolique » qui isole les productions des autrices plutôt que de les intégrer dans le paysage littéraire général.

Elle a ajouté que l’inclusion massive de figures féminines historiques sous l’étiquette de « littérature féminine », même si certaines d’entre elles ont joué des rôles politiques ou culturels plutôt qu’écrits, pourrait occulter les écrivaine ayant réellement produit des textes au fil de l’histoire.

La conférencière a insisté sur le fait qu’il est essentiel aujourd’hui de parler simplement de « littérature », puis d’aborder les questions intellectuelles et humaines soulevées par les auteurs et autrices, sans recourir à une classification selon le sexe.

Hachem a également évoqué la contribution des femmes à la transmission du savoir et à la formation culturelle au sein de la société marocaine à travers les âges, notant que l’oubli de nombreuses écrivaines dans la mémoire culturelle est dû à un manque de documentation et d’archivage, ainsi qu’à une vision traditionnelle qui a marginalisé la présence des femmes et leurs productions intellectuelles.

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