Art & Culture

Quand la commune de Casablanca trahit ses promesses… Les acteurs de théâtre rejettent la politique de l’oubli des engagements.

Par : Ismaïl Bouqassim

Alors que les murs de l’Église du Sacré-Cœur à Casablanca témoignaient de ce qu’on a appelé le dialogue ouvert, il semble que les vents du conseil municipal ont fortement contrarié les projets des artistes de théâtre. Après une rencontre qualifiée de stratégique entre la Coordination des artistes théâtraux casablancais et le vice-maire délégué à la culture, Abdelatif Naïm, le dramaturge casablancais se retrouve, sans crier gare, face à une cruelle réalité : les promesses échangées dans l’église ont été balayées par des vents de reniement à l’heure de l’exécution.
La réunion du 5 mars dernier n’était pas qu’un simple rassemblement, mais un véritable pacte d’honneur pour sauver ce qui peut l’être dans le paysage théâtral de la ville de Casablanca. Pourtant, face au silence assourdissant du vice-maire concernant les résultats de cette rencontre, la Coordination des artistes théâtraux se voit contrainte de retourner à la base et d’éclairer l’opinion publique sur la réalité des manquements et du temps perdu.
Les deux parties avaient convenu de peaufiner les résultats avant la fin du mois de Ramadan, mais il semble que l’agenda du conseil municipal ne soit pas en phase avec le calendrier des artistes.
Ce qui s’est produit aujourd’hui, un reniement et un recul sur les engagements pris avec les dirigeants de la coordination, n’est pas seulement un problème de gestion du temps ; c’est un coup dur porté à la crédibilité de l’ensemble du conseil municipal de Casablanca. De plus, le recours du vice-maire à une politique de portes closes et à un silence suspect concernant les résultats de cette rencontre soulève de nombreuses interrogations.
Ce reniement n’est pas seulement une offense aux artistes, il entache l’image de l’institution élue, la transformant, aux yeux des créateurs, en une simple machine à produire des promesses vides qui s’évaporent au premier test de mise en œuvre.
Les gestionnaires des affaires locales dans la capitale économique doivent comprendre que les demandes des artistes casablancais ne sont pas des caprices, mais une lutte pour le droit à un emploi et à une vie digne. La persistance d’un chômage artistique forcé en raison de la fermeture des théâtres et du gel de l’achat de spectacles constitue une atteinte directe à la dignité des artistes casablancais et à leur pouvoir d’achat quotidien.
Il n’est pas acceptable de réduire l’art théâtral à Casablanca à des activités saisonnières isolées pour combler les vides, ou que les destins de dizaines de familles, de troupes et de professionnels restent soumis à l’arbitraire d’une administration dépourvue de vision et d’engagement.
Le reniement des résultats de la rencontre et le silence qui a suivi soulèvent des questions brûlantes sur la valeur du dialogue avec le vice-maire :
– La rencontre à l’Église du Sacré-Cœur n’était-elle qu’une tentative de gagner du temps et de calmer les esprits ?
– Où est la feuille de route promise par le vice-maire aux artistes pour dépasser l’improvisation et la saisonnalité ?
Au vu du reniement des résultats de la rencontre du 5 mars et du refus du conseil municipal de toute discussion sérieuse, les interrogations et les signes d’interrogation se multiplient, plaçant M. Naïm face aux conséquences éthiques, juridiques et politiques de l’interruption de la culture et de la marginalisation des compétences théâtrales de la ville.
Cela signifie que le langage de la médiation qui a caractérisé la période précédente a atteint ses limites, et la coordination doit maintenant adopter des formes de lutte et de protestation sans précédent (dont elle pourrait bientôt dévoiler les détails), pour revendiquer les droits légitimes et protéger l’acte théâtral et ceux qui le créent, d’une tombe de l’oubli.
La prochaine phase de la bataille pour défendre le droit des troupes théâtrales à des espaces équipés, un programme théâtral durable et transparent, et une agenda culturelle à la hauteur du prestige de Casablanca, restera ouverte à toutes les possibilités.
Les artistes casablancais, qui ont résisté à toutes les crises, ne céderont pas face à des résultats qui n’ont jamais vu le jour et à une gestion qui a tourné le dos aux créateurs, préférant le langage du report à celui de l’action.

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