Art & Culture

Trois ans et demi de prison pour des journalistes tunisiens éminents

Le tribunal tunisien a condamné jeudi les journalistes éminents Mourad Zaghidi et Berhan Bessis à trois ans et demi de prison, après les avoir reconnus coupables des chefs d’accusation de « blanchiment d’argent » et de « fraude fiscale », selon des médias locaux et la sœur de l’un d’eux.

Les deux journalistes sont détenus depuis près de deux ans en raison des opinions qu’ils ont exprimées dans des programmes radio et télévisés, ainsi que par le biais de publications sur les réseaux sociaux, jugées critiques envers le pouvoir du président Kaïs Saïed.

Dans cette affaire, ils avaient initialement été condamnés à un an de prison, mais la cour d’appel a réduit leur peine à huit mois.

Ils devaient être libérés en janvier 2025, mais demeurent en détention dans le cadre de l’affaire de « blanchiment d’argent » et de « fraude fiscale ».

Meriem Zaghidi, la sœur de Mourad Zaghidi, a écrit sur Facebook : « Trois ans et demi pour Mourad et Berhan ».

Lors de la dernière audience de son procès, Zaghidi a plaidé pour sa libération, tandis que Bessis a demandé justice, comme l’a rapporté à l’Agence France-Presse l’avocat de Zaghidi, Ghazi Marbout.

L’autre avocat de Zaghidi, Fathi Mawlidi, a affirmé que son client avait été accusé en raison d’une déclaration fiscale incomplète, une situation qui a été régularisée et qui, selon lui, devrait annuler l’accusation de blanchiment d’argent.

L’arrestation de Zaghidi et Bessis a coïncidé avec l’arrestation de l’avocate et journaliste Sonia Dahmani, libérée fin novembre, ainsi qu’avec l’arrestation d’une dizaine d’activistes engagés dans l’aide aux migrants.

Depuis que le président Saïed a consolidé son pouvoir le 25 juillet 2021, l’opposition et la société civile expriment leur mécontentement face au recul des droits et des libertés.

Des figures de l’opposition croupissent en prison après avoir été condamnées à de longues peines de détention.

De nombreux avocats, journalistes et membres d’associations de la société civile sont également derrière les barreaux, pour des accusations principalement liées à « la conspiration contre la sécurité de l’État » ou en vertu du « décret 54 » présidentiel sur la lutte contre les fausses nouvelles, qui a été critiqué par des organisations de défense des droits pour ses formulations vagues et l’interprétation expansive qui en est faite par le judiciaire.

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